Revue de presse dominicale 

Les dirigeants de l'Union Européenne boudent l'inauguration du Gothard 

Les trois présidents des institutions communautaires ont décliné l'invitation à la cérémonie d'ouverture, même si la Suisse voit dans la construction du tunnel sa contribution aux transports européens. La presse évoque aussi une longue et menaçante liste de responsables de la politique d'asile, qui circule sur internet

 Il y a aura des absents de marque, mercredi, lors de l’inauguration du tunnel de base du Saint-Gothard : les trois plus hauts personnages de l’Union européenne (UE) ont décliné l’invitation pour des raisons d’agenda. Tout en prenant acte de ces défections, le Département fédéral des affaires étrangères s’efforce en coulisses d’obtenir in extremis la présence de l’un de ces dirigeants, croit savoir la NZZ am Sonntag.

Le Polonais Donald Tusk, président du Conseil européen, restera à Bruxelles pour recevoir le premier ministre slovaque Roberto Fico, dont le pays prend en juillet la présidence tournante de l’UE. Idem pour le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. L’Allemand Martin Schultz, qui préside le parlement européen, s’est aussi excusé. Mais c’est sur lui que semble porter le dernier espoir des autorités fédérales.

 Un partenaire plus fiable

Avec François Hollande, Angela Merkel et Matteo Renzi, les grands voisins de la Suisse seront représentés au plus haut niveau à l’inauguration. L’absence des présidents de l’UE n’en n’est pas moins décevante : la construction du tunnel est la coûteuse contribution helvétique qui a permis à l’époque à Adolf Ogi de conclure l’accord sur les transports avec l’UE. «La Suisse promet un tunnel à 12 milliards de francs et le construit plus vite que prévu, contrairement aux aménagements prévus en Allemagne et en Italie. Malgré l’initiative contre l’immigration de masse, il y a deux ans, pas un seul citoyen de l’UE ne s’est vu depuis refuser un permis de séjour. Elle est un partenaire plus fiable que bien des Etats membres de l’UE», commente une NZZ am Sonntag visiblement dépitée.

Les politiciens suisses interrogés par l’hebdomadaire alémanique ne veulent pas pour autant parler d’affront diplomatique. Ils se limitent à déplorer cette«occasion manquée.» Violeta Bulc, commissaire aux transports, représentera l’UE mercredi.

Votation sur l'asile: du calme et des menaces

La campagne politique sur l’asile, avant la votation du 5 juin, donne lieu à des appréciations fort contrastées dans les journaux dominicaux. Le Matin Dimanche constate que «pour la première fois, la Suisse va voter sur l’asile sans psychodrame.» Un calme qui s’explique notamment par la modération dont l’UDC a fait preuve pour soutenir sa propre initiative.

Mais c’est un calme relatif, à la lecture de la SonntagsZeitung, qui dénonce au contraire quelque chose de «jamais vu». Des incitations à s’en prendre à toute une série de personnes et d’organisations impliquées dans la politique d’asile circulent sur internet, avec le but de «dénoncer et de détruire la machinerie des expulsions.» Attribuée à des extrémistes de gauche, opposés à la révision de la loi, la liste des personnes ou organisations officielles et privées s'étend sur 22 pages, avec recommandation de leur nuire ou du moins de les gêner dans leur travail. 

Simonetta Sommaruga figure en tête de la liste, sur laquelle on trouve aussi le nom de Xavier Wohlschlag, responsable de la sécurité de l’aéroport de Genève et tenu à ce titre pour responsable des vols spéciaux. Après avoir pris conseil auprès de son employeur, ce cadre a renoncé  porter plainte «pour ne pas amener de l’eau au moulin.» 

La Ville de Berne porte plainte

Responsable de la sécurité de la Ville de Berne, le conseiller municipal Reto Nause (PDC) a en revanche porté plainte. «Il faut ouvrir une enquête, on ne peut se contenter de prendre connaissance de tels agissements», explique-t-il à l’hebdomadaire.

L’Office bernois des migrations a fait l’objet jeudi d’une attaque à la peinture, l’un des actions recommandées par les activistes. Le magistrat bernois plaide pour plus de sévérité à l’égard des extrémistes, ceux de gauche en particulier étant donné que ce sont eux actuellement qui occupent le plus les forces de l’ordre.

Publicité