Innovation

Discorde en vue à Zurich sur le financement du parc d’innovation

Le grand projet de mariage entre recherche et économie à Dübendorf coûte plus cher que prévu. L’exécutif cantonal réclame un crédit de près de 218 millions pour le développement de ce pôle dédié à l’innovation technologique

Le conseil d’Etat zurichois a besoin d’argent pour le Park Innovation de Dübendorf. Il réclame un crédit de 217,6 millions de francs au parlement cantonal. Dans cette commune de l’agglomération zurichoise, sur le terrain de l’ancien aérodrome de l’armée, le canton espère voir naître un pôle technologique à même d’attirer les départements de recherche et développement des grandes entreprises nationales et internationales.

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Les critiques n’ont pas tardé à se faire entendre. L’UDC zurichoise ne voit rien d’autre qu’un aveu de faiblesse dans cette demande d’avance. «217 millions de francs pour construire un château en Espagne!» s’insurge le parti par communiqué jeudi, criant à la «dilapidation de l’argent public». «Ce n’est pas le rôle de l’Etat de financer l’innovation», tonne la droite conservatrice. Tout autre ton du côté du PS: la gauche zurichoise «se réjouit que le canton ait l’intention d’investir dans la formation et la recherche, l’une de nos plus grandes forces».

Les investissements se font attendre

Mercredi devant les médias, la ministre de l’Economie, Carmen Walker Späh, a reconnu qu’il s’agissait d’un montant important. La plus grande part de ce crédit serait destinée à l’acquisition des droits de construction de la Confédération, à la mise en œuvre du plan d’aménagement cantonal, ainsi qu’au fonctionnement de la fondation Parc d’innovation, qui gère le projet. Mais l’exécutif promet un retour sur investissement de 177 millions au cours de la première année de fonctionnement déjà. A terme, l’objectif est que le projet fonctionne grâce aux investissements privés, a encore rappelé l’exécutif.

Le débat s’annonce animé au parlement cantonal. «Où sont les investisseurs privés?» a demandé un député de Dübendorf lors de la conférence de mercredi. «Les entreprises sont intéressées», a répondu la ministre Carmen Walker Späh. Mais elles comptent investir dans des projets de recherche et développement, et non dans un droit de construction ou dans l’infrastructure: «Cette phase relève de la tâche de l’Etat.» René Kalt, directeur de la Fondation, a précisé de son côté être en contact avec quelque 25 entreprises qui ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt à s’installer sur le site.

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Le parc d’innovation ambitionne d’allier la connaissance théorique des universités et l’expérience pratiques des grandes entreprises pour développer des produits ou services commercialisables. L’EPFZ est déjà présente avec une plateforme dédiée à la robotique et une autre à la mobilité. C’est là, dans un ancien hangar, que sont testées par exemple des voitures sans chauffeur. Autres centres d’intérêt: les technologies de fabrication 4.0, l’astronautique et la blockchain. Ce projet se veut d’envergure nationale, mettant en réseau d’autres pôles à Lausanne autour de l’EPFL, à Villigen en Argovie, à Bâle ou encore à Bienne.

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