Sans coup férir, le Forum de Davos (WEF) s'est lancé dans la formation supérieure. Et lui aussi vise le domaine international. En septembre 2005, une quarantaine d'étudiants ont entamé un cursus consacré aux relations internationales et au commerce mondial. Trente nouveaux commenceront à la prochaine rentrée.

«Notre programme, totalement privé, repose sur les trois piliers que sont le secteur public, les ONG et le secteur privé», indique Michael Obermayer, responsable de ce programme «Global Leadership fellows». La moitié des enseignants provient d'institutions avec lesquelles le WEF a développé un partenariat, telles que la London Business School ou l'Insead française, l'autre moitié sont des professionnels de l'économie ou des organisations internationales.

Le cursus de cette «université du WEF» dure trois ans et débouche sur un master, «assez proche d'un executive MBA», selon Michael Obermayer. Les candidats doivent déjà détenir au moins un master, et les études sont gratuites, car en parallèle, ils travaillent pour le Forum: la formation, donnée dans les locaux genevois du WEF, occupe environ 20% de leur temps. «C'est une expérience qui se bâtit de concert avec les étudiants», ajoute le responsable.

Secrétaire d'Etat à l'Education et à la recherche, Charles Kleiber ignorait l'existence de cette filière, et s'en remet «à la liberté du commerce; chacun est libre de créer un programme de formation». Pour l'heure, les universités n'ont pas bronché, confiantes en leur statut public et leurs accréditations officielles. En Suisse, comme ailleurs, les termes d'«université» et de «master» ne sont pas protégés. «Le marché décidera si nous méritons ces titres», affirme Michael Obermayer.