Selon la SonntagsZeitung, les Ukrainiens accueillis en Suisse sont confrontés à la dure réalité du système d’asile. Ils obtiennent dès leur arrivée le statut de protection S, qui leur épargne une longue procédure, mais ont donc droit à une aide financière nettement inférieure à celle des réfugiés ordinaires.

Les cantons peuvent en grande partie décider eux-mêmes du montant qu’ils leur donnent pour vivre. Une famille de trois personnes dans le canton d’Argovie reçoit par exemple 865 francs pour couvrir les besoins de base (nourriture, vêtements, couches, articles d’hygiène), ce qui représente moins de la moitié du minimum vital. Si les Ukrainiens étaient des réfugiés ordinaires, une telle famille recevrait 1800 francs. Les réfugiés de guerre du canton de Bâle-Ville sont les mieux lotis, puisqu’ils touchent pour le même nombre de personnes 1571 francs, environ 10 à 15% en dessous de ce que touchent les réfugiés réguliers et les bénéficiaires de l’aide sociale.

Lire aussi: L’EVAM bousculé par l'afflux de réfugiés

Des inégalités dénoncées

Ces disparités cantonales s’expliquent par le fait que les lois distinguent l’aide sociale ordinaire pour les citoyens suisses et les réfugiés reconnus et l’aide financière qui elle s’applique aux demandeurs d’asile, aux personnes admises temporairement et à celles qui bénéficient du statut de protection S. Interrogés par le journal dominical suisse alémanique, plusieurs politiciens, de gauche et de droite, exigent que ces inégalités de traitement des réfugiés ukrainiens soient corrigées dès que possible, afin de donner à ces personnes vulnérables les moyens de mener une vie décente, ainsi qu’un accès plus facile au marché du travail.

Lire aussi: Au pied du Jura vaudois, les Ukrainiennes veulent se mettre au travail