De Fribourg à Genève, en passant par Lausanne, la caractéristique commune des transports publics vient de leurs distributeurs de billets. Le facteur commun de leurs usagers serait plutôt la patience. En effet, aucune de leurs machines ne possède encore l'option «restituer la monnaie».

Billet ou resquille

Aujourd'hui encore, une personne qui ne possède qu'une thune en poche a plusieurs possibilités. La première, rageante, consiste à prendre son billet et à perdre la différence. La deuxième, sportive, pousse l'usager à préférer le parcours à pied plutôt que d'assumer cette perte. Enfin, la troisième, incite certains à s'aventurer à leurs risques et périls dans le monde de la resquille.

Le ticket remboursement

Face à la grogne qui augmente inévitablement, les sociétés de transport tentent de réagir. Les Transports publics genevois (TPG) ont annoncé hier que leurs appareils rendraient dorénavant la monnaie. Enfin presque!

En effet, les tickets imprimés indiqueront le surplus payé. «Il faudra ensuite aller dans l'une des trois agences à Cornavin, Rive ou au Bachet-de-Pesay pour obtenir un remboursement», explique Eric Forestier, directeur des ventes aux TPG.

Il faudra attendre 2010 pour se voir restituer directement son argent.

Un agréable bénéfice

Distributeurs de billets ou bandits manchots? Certains diront que le jeu en vaut la chandelle puisque les TPG ont obtenu 230000 francs de recettes supplémentaires l'an dernier, en raison de cette imperfection.

Du côté des Transports lausannois (TL) ce chiffre oscillent autour des 300000 francs. De part et d'autre, on nous assure que les sondages ont fait ressortir que les usagers préféraient un système de carte afin d'éviter de s'embarrasser avec de la monnaie.

Les cart@bonus à Genève et carte Galaxy à Lausanne restent donc pour eux le moyen de paiement le plus pratique pour acheter un titre de transport.

Un lourd investissement

«Ajouter des monnayeurs dans les 640 machines du canton de Genève nous aurait coûté 5 millions», nous explique la responsable de la communication des TPG. Installés en 1999, ces distributeurs ont une durée prévue d'utilisation de dix années. A Lausanne, les critiques ont poussé l'entreprise à effectuer les changements dès cet automne; coût de l'opération: 6 millions.

Harmonisation à venir

La nouvelle génération de distributeurs, c'est promis, rendra la monnaie. En outre, ils permettront aussi une harmonisation sur le plan national grâce à leur écran tactile. L'histoire ne dit pas si ainsi les usagers comprendront mieux les nouveaux plans de réseau, autre point de critiques dans les villes romandes.

A Fribourg, en sus de ne pas rendre la monnaie, les TPF couvrent l'ensemble du canton, ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes de clarté entre zone et code tarifaire. Au royaume des transports publics, le client n'est pas encore roi.