Élection cantonale

Divorce consommé entre écologistes et socialistes à Fribourg

Fâché de la stratégie de «cavalier seul» de leur allié, les Verts ne soutiendront pas la candidature de Valérie Piller Carrard au second tour de la complémentaire pour le Conseil d’Etat. Une crise qui affaiblit la gauche face à une droite qui se rassemble derrière le PLR Didier Castella

L’alliance de la gauche fribourgeoise est en miettes. Contrairement aux chrétiens-sociaux, les Verts ne soutiendront pas la candidature de la socialiste Valérie Piller Carrard pour le second tour de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat face au PLR Didier Castella, prévu dimanche 25 mars. Ils l’ont annoncé ce jeudi par voie de communiqué de presse.

«Cavalier seul»

Les Verts ne pardonnent pas à leur allié d’avoir fait «cavalier seul» en lançant la conseillère nationale Valérie Piller Carrard dans la course au siège laissé vacant par l’écologiste Marie Garnier. Une stratégie alors justifiée par le PS par le fait que, selon lui, la candidate verte Sylvie Bonvin-Sansonnens n’était pas assez connue pour défendre avec succès ce siège de gauche.

Lire aussi: A Fribourg, le duel attendu PLR-PS aura bien lieu

Lors du premier tour, Sylvie Bonvin-Sansonnens a créé la surprise, terminant troisième et obtenant seulement 1500 voix de moins que Valérie Piller Carrard. «Notre candidate a obtenu près de 20 000 suffrages, c’est un excellent résultat, commente Bruno Marmier, président des Verts fribourgeois. Agricultrice au profil rassembleur, elle a séduit au centre et dans les milieux paysans. Au second tour, elle aurait été mieux placée qu’une socialiste très marquée à gauche.»

Les plaies sont donc à vif. N’oubliant pas les divisions du premier tour et les critiques socialistes à l’encontre de leur candidate, les Verts laisseront donc le libre choix de vote. «Dans ces conditions, il appartient à Valérie Piller Carrard, elle-même, de rassembler une majorité d’électeurs derrière sa personne», tranche leur communiqué.

«Enjeu trop important»

Le président des socialistes fribourgeois, Benoit Piller, prend acte avec regret de la décision des Verts: «Cela ne sert à rien aujourd’hui de se rejeter la faute l’un sur l’autre. L’enjeu est trop important. Ce siège au Conseil d’Etat doit rester celui d’une femme de gauche. Il en va des équilibres de ce canton. Le premier tour a été une sorte de primaire entre la candidate verte et la socialiste. Valérie Piller Carrard est arrivée en tête. Il faut respecter le vote des électeurs et aller de l’avant.»

Lire l’édito: L’élection qui réveillera Fribourg

Reste que la prise de position des Verts affaiblit la gauche et complique la campagne de la conseillère nationale socialiste. Car, en face, le centre et la droite se rassemblent derrière la candidature de Didier Castella. Le PDC, l’UDC et le PBD ont ainsi appelé à voter pour le Gruérien. Même l’indépendante Maya Dougoud a annoncé sa préférence pour le PLR en vue du second tour.

Publicité