Élection

Dix-neuf femmes visent le Grand Conseil genevois, entre elles

Une liste 100% féminine a été déposée pour l’élection du 15 avril. Elle comporte uniquement des novices en politique

Elles sont 19 et n’ont jamais exercé de mandat politique. Ce printemps, elles figureront pourtant sur Laliste. Un néologisme pour une première à Genève: des candidates au Grand Conseil qui veulent se faire élire, le 15 avril prochain, en misant sur leur sexe comme argument principal.

«Nous voulons aller chercher les citoyennes de Genève pour faire vivre cette magnifique démocratie directe. Atteindre le quorum de 7% sera difficile, mais nous nous proposons d’augmenter l’offre politique en défendant nos valeurs», résume Manuela Honegger, qui a pris la tête de Laliste.

Programme en six points

Dans le programme en six points présenté ce mercredi, l’égalité femmes-hommes tient naturellement une place centrale. Les candidates veulent lancer une initiative cantonale afin que toutes les entreprises soient soumises à une égalité salariale stricte, avec des sanctions pour celles qui y dérogent. Le Conseil fédéral, lui, prône une application aux sociétés qui dépassent 50 employés, sans sanction.

Autre priorité: la redéfinition du viol dans la Constitution suisse. A l’heure actuelle, il faut qu’il y ait eu pénétration pour que la victime puisse déposer une plainte pour viol. Sans cela, on parle de contrainte sexuelle en droit suisse. «Il faut mettre à jour cette définition par rapport à la réalité des agressions que subissent les femmes», dit Manuela Honegger.

Appel lancé sur Facebook

Laliste combattra l’augmentation de l’âge de la retraite pour les femmes et militera même pour un abaissement à 60 ans pour tous les sexes. Car la défense des personnes LGBTQI, soit lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles, queers et intersexes, est également une priorité.

Les 19 candidates ont répondu à un appel lancé sur Facebook par Manuela Honegger. Elles ont entre 23 et 58 ans, sont notamment enseignantes, comédiennes, politologues, psychologues. Certaines s’étaient essayées à la militance au sein d’un parti, par le passé.

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la division gauche-droite. C’est la réunion autour de nos valeurs.

Manuela Honegger, cheffe de file de Laliste

La cause féministe étant née à gauche, se sentent-elles proches de ce bord politique? «Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la division gauche-droite, répond la cheffe de file. C’est la réunion autour de nos valeurs. Par exemple, dans la campagne contre l’initiative sur la fiscalité des couples mariés, la gauche et la droite avaient su se réunir.»

Et si Laliste était confrontée à son équivalent 100% masculin? «Drôle de question, réagit Manuela Honegger. Respecter l’égalité est au bénéfice de tous, y compris des hommes. Je ne vois donc pas l’utilité de lancer une telle liste.»

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