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Djihadistes suisses: la question du rapatriement

Des ex-combattants désormais prisonniers de l’Etat islamique disposent d’un passeport à croix blanche. Une décision politique se fait attendre pour clarifier leur situation

Très exactement 93 personnes. Selon le Service de renseignement de la Confédération, c’est le nombre de «voyageurs motivés par le djihad qui, partis de Suisse, ont été ou sont actuellement dans des zones de conflits». La plupart ont choisi la Syrie et l’Irak (plus de 80), le reste se trouve en Afghanistan, en Somalie et aux Philippines. Certains sont décédés, d’autres vivent encore. Parmi ces derniers, plusieurs veulent rentrer ou l'ont déjà fait. Comment la Suisse organise-t-elle le comité d'accueil?

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Le groupe d’experts «retour du djihad»

«Quand l’un de ces individus revient en Suisse, une procédure pénale est systématiquement ouverte», explique André Duvillard, délégué du Réseau national de sécurité. Depuis 2015, les groupes Al-Qaida et Etat islamique ainsi que toute action de propagande, de recrutement ou d’appartenance à ces derniers sont prohibés en Suisse. «Parallèlement au processus judiciaire, les autorités visent au désengagement immédiat de la personne, qui consiste à s’assurer que l’individu abandonne l’idée de commettre un acte violent sur le territoire suisse. Une fois ce risque minimisé, une deuxième phase dite de «réintégration» cherche à rendre possible un retour à la vie dans un environnement helvétique.»

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Editées au sein du «plan d’action national suisse de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent», sorti fin 2017, ces mesures visent à prévenir tout acte de violence radicale. Pour continuer cette réflexion, un groupe d’experts affilié à la question du «retour du djihad» vient également de voir le jour. Composé de professionnels issus de domaines variés – de l’exécution des peines à la psychiatrie forensique en passant par la gestion du risque et le travail socio-éducatif –, il aura pour objectif de formuler des solutions concrètes à l’intention des différents échelons étatiques suisses. «La seconde séance interviendra mi-février», indique André Duvillard.

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Le cas des prisonniers

Demeure la question des ressortissants suisses devenus prisonniers de leur exil volontaire. Faut-il les rapatrier? Epineuse, la question ne semble pas encore avoir trouvé de réponses au sein des renseignements helvétiques (SRC): «Les cas des voyageurs motivés par le terrorisme actuellement incarcérés dans des camps suscitent de nombreuses et complexes questions humanitaires, juridiques et logistiques, indique le SRC. Le Conseil fédéral se prononcera à ce sujet en temps utile.»

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