Elections fédérales

Ceux qui doivent quitter l'arène

Dans le canton de Vaud, les PLR du sérail l'emportent sur l'électron libre Fathi Derder. L'omniprésent Claude Béglé évince le doyen Jacques Neirynck. A Genève, l'élection de la jeune Lisa Mazzone provoque le départ d'Anne Mahrer. Florilège de vestes au lendemain des élections

Les projecteurs se braquent sur les gagnants, mais les élections de dimanche ont aussi fait leur lot de perdants: 27 élus sont contraints de quitter le Conseil national.

Le PDC vaudois Jacques Neirynck, 84 ans, doit laisser sa place au remuant Claude Béglé, dont on a vu le visage se démultiplier sur l’ensemble du territoire cantonal durant les semaines précédant l’élection. Jacques Neirynck n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler le colossal budget de campagne de son rival, ancien patron de La Poste. Le doyen du parlement fait donc ses adieux à la politique, après douze ans de siège. L’infatigable scientifique se consacrera à l’écriture.

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Dans le canton de Vaud toujours, le PLR se réjouit d’obtenir un cinquième siège, mais le libéral Fathi Derder, qui perd le sien, a de quoi faire la grimace. Le promoteur des start-up à Berne, électron libre à l’arrogance critiquée, était entré au parlement il y a quatre ans. Les électeurs lui ont préféré des figures du sérail en la personne de Frédéric Borloz, syndic d’Aigle et Laurent Wehrli, syndic de Montreux. Les chances que le Vaudois revienne dans le jeu sont minces: cela se produirait si le candidat de la droite au conseil des Etats Olivier Français ravissait la place de Luc Recordon au second tour du scrutin, le 8 novembre. Il lui laisserait alors sa place à la Chambre basse.

Un risque pour Adèle Thorens

Le risque d’être évincée est faible pour Adèle Thorens, mais il existe, là encore si Olivier Français était élu au second tour du scrutin pour la chambre haute. Le syndic Daniel Brélaz, obtenant le plus de voix après Luc Recordon, prend la place de Christian Van Singer. Mais c’est celle de la coprésidente des partis que le géant vert pourrait finalement menacer.

L’UDC Fabienne Despot paye cher sa faute, qui la poursuivra sans doute encore longtemps: nul n’ignore que la présidente de l’UDC a enregistré à leur insu deux collègues. La présidente cantonale du parti arrive à la neuvième place, derrière l’autre figure contestée, Claude-Alain Voiblet. Aucun des deux leaders de l’UDC n’est élu.

A Genève, une élue qui ne sera restée que deux ans

A Genève, l’élection de la sémillante présidente cantonale du parti Lisa Mazzone, 27 ans, provoque l’éviction d’Anne Mahrer, 67 ans. Entrée au Parti écologiste genevois en 1987, Anne Mahrer a été la première présidente verte du parlement genevois en 2007. Elle est entrée au Conseil national en 2013 comme «vient-ensuite», pour remplacer Antonio Hodgers après son élection au Conseil d’Etat. Elle ne sera restée que deux ans.

En Suisse alémanique, de sérieux revers

Après deux législatures, Andy Tschümperlin, 53 ans, doit tirer sa révérence. Un départ forcé particulièrement amer pour le Schwyzois, chef du groupe PS aux Chambres depuis 2012, puisqu’il est éjecté par un UDC.

A Zurich, deux figures de l’UDC prennent un sérieux revers: Christoph Mörgerli, qui n’arrive qu’à la vingtième place, et Hans Fehr. Le premier, stratège du parti et proche de Christoph Blocher, siégeait depuis 1999. Il fait les frais de ses litiges avec l’université de Zurich, qui l’avait licencié de son poste de conservateur du Musée d’histoire de la médecine pour mauvaise gestion et manque de loyauté envers son employeur. Le second, également un fidèle de Christoph Blocher, tenant de l’aile dure du parti, est lui aussi éjecté.

Du fait des ballottages et deuxièmes tours, prévus dans 12 cantons, aucun élu n’est poussé hors du Conseil des Etats pour l’instant.

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