Voici l’épilogue (pour le moment provisoire) d’une histoire des plus atypiques. Pour le Tribunal de police de Genève, point de doute. Dominique Giroud a bien su et voulu (ou à tout le moins envisagé et accepté) l’attaque informatique lancée contre les deux journalistes qui travaillaient à l’époque pour Le Temps et la RTS. Reconnu coupable d’instigation à tentatives de soustraction de données pour avoir été le commanditaire de ce piratage finalement raté, le vigneron, qui contestait avoir donné son accord à l’opération, écope de 6 mois de prison avec sursis. Le Valaisan fera appel, a annoncé son avocat.

Un piratage commandé

Le verdict retient en substance que la fine équipe, composée du vigneron, du désormais ex-agent secret (le seul à obtenir son acquittement), du détective privé et de l’informaticien, s’est réunie à la mi-janvier 2014 pour discuter de la meilleure manière de protéger Dominique Giroud des fuites qui alimentaient la presse. «Il a alors commandé le piratage et donné son accord de principe.» Ensuite, ajoute la décision, le Valaisan a reçu l’informaticien dans sa cave et lui a payé une avance de 10 000 francs pour le hacking. La thèse selon laquelle cet argent devait servir à financer de nouveaux ordinateurs sécurisés n’est pas jugée crédible.