Une décision «pondérée et proportionnée». Les défenseurs du célèbre avocat genevois Dominique Warluzel, Pascal Maurer et Jacques Barillon, ont accueilli lundi avec satisfaction la décision du Tribunal des mesures de contraintes. Détenu au quartier cellulaire des HUG depuis un mois et demi, Dominique Warluzel a obtenu sa mise en liberté provisoire à l’issue de trois heures d’audience et de délibération.

Une victoire d’étape et surtout un soulagement pour le ténor du barreau, prévenu de tentative de meurtre et de mise en danger de la vie d’autrui pour avoir tiré un coup de feu en direction d’une aide-soignante dans une suite médicalisée de l’hôtel la Réserve, le 2 janvier dernier.

«Je rends hommage au président du Tribunal, qui a su concilier les objectifs de sécurité et d’humanité», a déclaré Jacques Barillon sur le parvis du Palais de justice. Alors que le Ministère public genevois s’était opposé vendredi à la liberté provisoire de Dominique Warluzel, le juge Stéphane Esposito a, lui, accepté les mesures de substitution proposées par la défense de l’avocat, moyennant une caution de 200 000 francs.

Warluzel placé sous la garde d’un agent de sécurité

Une fois la somme réunie et les disposition logistiques prises, d’ici la fin de la semaine, espère Pascal Maurer, Dominique Warluzel rejoindra donc la clinique genevoise de la Colline, où il «pourra recevoir les soins dont il a besoin». Placé sous la garde d’un agent de sécurité chargé d’avertir la police s’il devait tenter de fuir, Dominique Warluzel - qui a l’interdiction de quitter le territoire suisse - devra déposer ses passeports et se soumettre à un traitement psychothérapeutique. Lequel devra faire l’objet de rapports réguliers. Interdiction est également faite au prévenu d’avoir des contacts avec des personnes parties à la procédure, précisent ses avocats.

«Le Tribunal a largement suivi la proposition inventive que nous avons mis au point, se réjouit Jacques Barillon. Nous estimions dans un premier temps que les mesures de substitution que nous proposions étaient plus efficaces qu’une caution, un peu superfétatoire. Mais nous nous sommes ouverts à cette possibilité et le juge a considéré qu’une caution de 200 000 francs était suffisante, compte tenu des autres mesures mises en place.»

Présent lundi à l’audience, Dominique Warluzel s’est montré «soulagé et heureux» de la décision du Tribunal, ajoutent ses avocats. «Parce qu’il va désormais pouvoir prendre soin de sa santé, ce qui n’était pas possible aux HUG», précise Pascal Maurer.

Le risque de fuite concret

La mise en liberté provisoire de Dominique Warluzel n’était pas gagnée d’avance. Déposée le 8 février, sa requête avait été refusée vendredi par le parquet genevois. Malgré les mesures de substitution proposées par la défense de l’avocat, le procureur Walther Cimino avait estimé que Dominique Warluzel avait déjà fait la démonstration de sa dangerosité en se servant de son arme et que le risque de fuite était très concret, eu égard à ses importants moyens financiers et à ses nombreux contacts à travers le monde. Faisant remarquer que la défense de l’avocat n’avait pas proposé de caution, le Ministère public craignait également que Dominique Warluzel puisse tenter d’influencer sa victime. Désavoué lundi par le Tribunal des mesures de contraintes, le parquet a indiqué à l’audience qu’il ne ferait pas recours, a encore relevé Pascal Maurer.

Désormais autorisé à quitter le quartier cellulaire des HUG, Dominique Warluzel a encore un long combat judiciaire devant lui. Prochaine étape de l’instruction qui se poursuit: la reconstitution des événements du 2 janvier à la Réserve, fixée au 3 mars prochain.

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