Genève est groggy. Déjà chamboulé par les innombrables secousses de l’affaire Maudet, le canton se découvre un autre ministre aux pratiques discutables. Après avoir laissé la rumeur enfler sur les raisons de sa convocation par le Ministère public, le conseiller d’Etat Serge Dal Busco a fini par faire une demi-confession mardi soir. Il a confirmé avoir reçu 10 000 francs de la part du groupe Manotel entre les deux tours de la campagne 2018, somme qu’il aurait «spontanément» restituée cinq mois plus tard. Même si le démocrate-chrétien ne joue pas dans la même catégorie que son collègue libéral-radical, l’explication donnée soulève moult interrogations.

Des interrogations en série

Les premières questions concernent la genèse de ce soutien financier. Quel était le but de ce don? Qui a pris l’initiative? Pourquoi avoir accepté que l’argent soit versé sur son compte privé – qui plus est de ministre en exercice et de responsable des Finances – alors que le règlement du PDC impose de diriger tous les soutiens vers les caisses du parti? Pourquoi ce don entre les deux tours de l’élection alors que les comptes de campagne sont bouclés et que le sortant ainsi gâté est assez certain de retrouver son fauteuil?