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Donald Trump à Détroit, le 3 mars 2016.
© Carlos Osorio

Etats-Unis

Donald Trump a ses fidèles helvétiques

La montée en puissance du sulfureux milliardaire américain, candidat à la primaire républicaine, trouve un écho en Suisse, notamment à travers un mystérieux compte Twitter

La vague Donald Trump atteint la Suisse. Sur Twitter, de mystérieux supporters helvétiques du candidat à la primaire des Républicains ont ouvert un compte de soutien au lendemain de sa victoire en Caroline du Sud, fin février. Son nom: @SwissForTrump. Le mouvement n’est pas isolé. Les comptes @Italians4Trump ou encore @CzechsforTrump pépient aussi sur le réseau social, comptant plusieurs milliers d'aficionados. En Suisse, le nombre d’abonnés du compte @SwissForTrump progresse lentement. Parti de 200 le 20 février dernier, il vient de passer le cap des 320. Plusieurs politiciens fédéraux le suivent.

Les tweets sont en allemand. La particularité du compte est qu’il semble déconnecté de la communauté américaine. Le coprésident des Républicains de Suisse, Edward Karr, n’a aucune idée de l’identité de ses auteurs. Mais il ajoute: «Personnellement, Donald Trump n’est pas mon premier choix, et il n’est pas non plus aujourd’hui majoritaire au sein des Républicains de Suisse».

Des tweets «contre le politiquement correct» 

Qui soutient donc Donald Trump au nom de la Suisse? Impossible pour nous d’entrer en contact avec leurs auteurs, car nous avons été bloqués par les administrateurs du compte. Un confrère du Tages-Anzeiger a eu davantage de chance. Restant anonymes, les administrateurs de @SwissforTrump lui ont confié leur raison d’être: «Nous twittons contre tous ceux qui veulent dénigrer Donald Trump par des mensonges et des bêtises. Contre le politiquement correct, contre les médias unilatéraux, pour le bon sens, pour le libre marché.» Notons que n'importe qui peut créer et se réclamer, sur Twitter, d'un compte de soutien à une personnalité.

Des intérêts fiscaux

Dans les faits, les auteurs diffusent la plupart du temps les déclarations fracassantes de Donald Trump. Ils offrent aussi des incursions dans la vie politique suisse. Ils brocardent souvent le Parti socialiste, louent l'action de l’UDC ou encore de l’ASIN (Association pour une Suisse indépendante et neutre). Ils ont soutenu l’initiative «pour le renvoi effectif des étrangers criminels».

On peut avoir différentes opinions sur l’IRS et sa manière de traiter le contribuable. Mais comment Trump veut-il financer les services de l’Etat? Un shérif devrait passer le chapeau?

En tant que résidents suisses, vraisemblablement sans passeport américain, ils citent deux intérêts principaux de s’engager pour Donald Trump. Le républicain de Las Vegas fait campagne en promettant d’abolir le principe qui fait de toute personne née sur sol américain un citoyen-contribuable outre-Atlantique. Il dit aussi vouloir supprimer l’IRS (Internal Revenue Service). Or le fisc américain a exécuté le programme de régulation auquel se sont soumises les banques suisses, ce qui reste en travers de la gorge de @SwissforTrump. «C’est une promesse de campagne plus que fantasque, estime Martin Naville, directeur de la chambre de commerce Suisse - Etats-Unis. On peut avoir différentes opinions sur l’IRS et sa manière de traiter le contribuable. Mais comment Trump veut-il financer les services de l’Etat? Un shérif devrait passer le chapeau? Il n’a pas de programme, il abuse des peurs et des frustrations citoyennes, comme de nombreux mouvements populistes le font en Europe.»

Lire aussi: Au-delà du personnage, quel est le programme de Donald Trump?

«Le plus grand fan de Trump au Parlement»

Plutôt marginal jusqu’ici, le soutien à Donald Trump en Suisse a aussi commencé à se répandre dans le monde politique, depuis le Super Tuesday, début mars. Au Conseil national, quelques élus affichent un soutien modéré à fort à Donald Trump. Franz Grüter (UDC/LU) s’est présenté dans le «Blick» comme «le plus grand fan de Trump» du Parlement. Sa collègue Yvette Estermann (UDC/LU) apprécie le candidat Trump pour sa proximité avec le peuple.

Claudio Zanetti (UDC/ZH) explique qu’il ne souhaiterait pas voir le fantasque républicain au Conseil fédéral, mais il lui est reconnaissant d’avoir mis un terme au «politiquement correct, notamment par rapport à l’islam». Martin Naville estime que la motivation à se présenter comme un supporter de Trump tient aussi beaucoup à l’exposition médiatique qui en découle. «Jusqu’ici, je n’ai rencontré aucun Américain de Suisse me disant qu’il va voter pour Trump. La plupart des Américains que je connais ont plutôt honte de ce représentant qui renforce tous les clichés négatifs que l’on a sur les Etats-Unis.»

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