Ainsi que confirmé par Donald Trump ce mercredi – dans un tweet, son moyen de communication privilégié, – le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a rencontré le dirigeant suprême de la Corée du Nord, Kim Jong-un. Une rencontre historique entre le président américain lui-même et celui qu’il a surnommé «Little Rocket Man» semble donc se préciser. Mais où? Les rumeurs vont bon train. Parmi elles: la Suisse, dont le Ministère des affaires étrangères confirme «être en contact avec les parties impliquées».

Le dictateur connaît notre pays puisque il y a passé une partie de sa scolarité dans les années 1990, à l’International School of Bern. Il se dit même que le bärndütsch ne lui est pas complètement étranger. Donald Trump semble également avoir un certain affect pour la Suisse, qu’il avait qualifiée de «great place» en visite à Davos en 2017.

Genève est-elle encore le bon endroit?

Si les deux hommes se retrouvent en Suisse, c’est à Genève que pourrait se tenir l’événement. Siège de l’ONU en Europe, terrain neutre, la ville a déjà accueilli ce genre de sommet historique. En 1985, Ronald Reagan y rencontrait Mikhaïl Gorbatchev en pleine guerre froide pour discuter d’une désescalade dans la course aux armements. La thématique est aujourd’hui similaire; toutefois, les cercles diplomatiques doutent que l’endroit soit encore idéal.

En 2003, le G8 d’Evian a en effet mis en évidence les difficultés de sécuriser Genève lors de ce genre d’événement. Tenus à l’écart de la ville française, de très nombreux casseurs s’étaient rabattus sur la Cité de Calvin. Ils avaient plongé le centre-ville dans le chaos, malgré une préparation minutieuse des autorités. Les frontières poreuses du Grand Genève et la taille importante de la ville pourraient ainsi désormais plaider en sa défaveur. Les derniers sommets du G8 se sont d’ailleurs tous déroulés dans des lieux plutôt reculés, comme Taormine en 2017, village sicilien de 11 000 habitants, ou encore Shima en 2016, petite ville côtière japonaise au bout d’une péninsule. Davos serait-elle à nouveau l’endroit idéal?

Un autre obstacle – plus inattendu – se dresse à l’encontre d’une candidature suisse: pouvoir s’y rendre. Selon le New York Times, il n’est en effet pas garanti que l’avion soviétique de Kim Jong-un lui permette de se déplacer à plus de quelques milliers de kilomètres en dehors de la péninsule coréenne.