Revue de presse

Du Donald en veux-tu, en voilà

Le séisme américain provoqué par l'élection du milliardaire à la Maison Blanche occupe beaucoup la presse dominicale. Entre interrogations et incrédulité, elle tente de saisir les conséquences pour la Suisse

Du Donald, du Trump, il y en a pour tous les goûts, pour toutes les sensibilités, dans les journaux du dimanche. Avec une prévalence pour le doute et le pessimisme, bien sûr. Comme la question de la défense européenne, qui pourrait être mise à mal par le nouveau locataire de la Maison Blanche: à lire dans la NZZ am Sonntag. En revanche, l’engagement de la Suisse dans l’OTAN pourrait s’en trouver renforcé, prétendent plusieurs politiciens. Toujours dans ce journal, pour les amateurs de terrain, un beau reportage genre road movie en Ohio, sur les nouvelles terres d’élection du Républicain.

Entre fin du monde et délire optimiste

Et puis une puissante question débattue et décortiquée par ce journal: «Et si la globalisation touchait à sa fin?» Sans compter l’euphorie trompeuse des marchés, car cette élection pourrait aussi causer du dégât au secteur bancaire.

Les perdants de la mondialisation sont croqués, eux, par le Matin Dimanche qui en offre le portrait. Selon Oliver Thränert, directeur du think tank du Centre d’études de sécurité de l’EPFZ et interrogé par la SonntagsZeitung et le Matin Dimanche, «il est à craindre la fin du monde libéral défendu par les Etats-Unis», ce qui pourrait renforcer la marge de manoeuvre des Etats autoritaires.

Pessimisme aussi dans le SonntagsBlick, qui donne la parole à l’économiste d’UBS Daniel Kalt. Celui-ci prévient: si Trump met ses promesses de campagne à exécution en matière économique, alors il faudra s’attendre à des guerres commerciales. Pas bon pour la Suisse. Versant paillettes, le journal met en lumière le côté glamour de la famille du milliardaire.

Il y a aussi ceux qui, en Suisse, récupèrent l’élection de Trump. Ainsi, le président du parti socialiste Christian Levrat «en appelle-t-il à la lutte des classes», titre la SonntagsZeitung à la Une. Elle en remet une couche dans la moquerie douce avec ce titre: «PS: en avant avec les plans d’antan». De quoi s'agit-il? Après le choc de l'élection américaine, les sociaux-démocrates veulent retrouver les citoyens qu’ils ont cédé à l'UDC, explique le journal.

C’est dans Schweiz am Sonntag qu’il faut lire l’analyse la plus optimiste - ou délirante, diront certains. Le  journal est allé chercher l’inénarrable Adolf Ogi, lequel voit dans l’élection américaine une chance formidable pour la Suisse, voici pourquoi: l’ancien conseiller fédéral anticipe un remake de «la rencontre historique entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev de 1985». Chez les Américains, il suffit de changer une lettre. Chez les Russes, Poutine dans le rôle de Gorbi. Allez, on y croit!

L’argent de l'Arabie saoudite pour les mosquées suisses

Une enquête de la NZZ am Sonntag lève le voile sur une mystérieuse organisation européenne de centres islamiques basée à Genève. Financée par l’Arabie saoudite, elle serait une plaque tournante pour le financement de musulmans radicaux en Europe et aurait des liens directs avec des mosquées suisses. C’est ainsi que le salafisme mettrait lentement mais sûrement le pied dans la porte, y compris dans les mosquées albanaises.

Les enfants du christianisme

Il ne faut pas y voir un lien de cause à effet. Mais dans les colonnes du Matin Dimanche, le président du parti démocrate-chrétien Gerhard Pfister réaffirme sa pensée qui a fait polémique: l’identité et les valeurs suisses sont fondées sur les racines chrétiennes, l’Etat de droit est né du christianisme. Pour le politicien, la Suisse ne devrait pas éviter ce débat comme l’a fait la France, avec le résultat que l’on sait.

Le spectre de la grippe aviaire

Elle est de retour, la grippe aviaire, même si elle ne paraît pas cette fois dangereuse pour l’être humain. Le Matin dimanche et le SonntagsBlick racontent les pérégrinations du virus H5N8 qui nous vient du Nord et qui, cette semaine, a frappé le Léman, faisant trois pauvres victimes.

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Et si la Suisse sortait du nucléaire?

Au hasardeux jeu des prédictions, la Schweiz am Sonntag se lance tout de même sur l’initiative de sortie du nucléaire. Selon le sondage qu’elle a mandaté, un oui sortirait des urnes le 27 novembre prochain, à 51,5%.

Lire aussi: L'initiative pour une sortie du nucléaire reste gagnante selon un sondage 

Un score à prendre avec des pincettes, quelques jours après la défaite d’Hillary Clinton, gagnante des instituts de sondages américains. Et cette question, posée par le SonntagsBlick: Puisque, en cas de oui, la centrale atomique de Mühleberg sera démantelée, comment fait-on cela concrètement et avec quelles implications?

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