En achetant des listes volées de clients de banques suisses et en évaluant d’autres offres, «l’Allemagne contrevient au droit international», estiment les libéraux-radicaux. Dans une interpellation urgente déposée mardi par leur groupe parlementaire, ils donnent trois mois au gouvernement suisse pour actionner la Cour internationale de justice de La Haye.

«Nous n’acceptons pas qu’un gouvernement ami viole les accords internationaux. La loi de la jungle prend le dessus sur le droit international» a déclaré la conseillère nationale Doris Fiala (PLR/ZH), lors d’une conférence de presse.

Pour son collègue Christian Lüscher (PLR/GE), «la méthode consistant à rémunérer des auteurs d’infractions doit être sanctionnée par la Cour internationale de justice», indique le communiqué. «Espérons que la France entende elle aussi le message», conclut-il.

Quant à l’UDC, elle a déposé mardi plainte pénale auprès du Ministère public de la Confédération (MPC), indique-t-elle dans un communiqué. Les juristes de la Confédération ne l’ont pas attendue pour se mettre au travail sur l’affaire des données volées et transmises à l’Allemagne: le MPC a ouvert une enquête il y a trois semaines.

Dans la foulée, le groupe parlementaire UDC s’est lui aussi fendu d’une interpellation urgente. Celle-ci demande au Conseil fédéral des renseignements sur les mesures prises pour éviter le vol de données. Le texte demande qu’une nouvelle clause soit introduite dans les accords de double imposition: le pays concerné doit s’engager à ne pas acheter de données bancaires volées.

Le PS a été le premier à actionner la justice, dans l’affaire UBS. Il s’est heurté à un mur. A la mi-février, le Ministère public zurichois a rejeté les deux plaintes déposées par le parti contre les anciens dirigeants de la banque.

Parmi les partis gouvernementaux, le PDC n’a pas l’intention de céder aux attraits des procédures judiciaires, indique sa porte-parole Marianne Binder. A l’instar du PLR, les démocrates-chrétiens sont également sceptiques envers la création d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) sur l’affaire UBS, demandée par le PS, l’UDC et les Verts.