Balkans

«Donner une autre image de la diaspora kosovare»

Naim Malaj vient d’être nommé nouveau chargé d’affaires du Kosovo en Suisse.

C’est fait: Naim Malaj, assistant social de formation, est désormais le nouveau représentant de l’Etat du Kosovo en Suisse. Il a remis ses lettres de créance à Micheline Calmy-Rey le 9 janvier. L’homme a été au centre d’une polémique en septembre, lorsque Pristina a publiquement évoqué les «réticences» de Berne quant à sa nomination. Un journal kosovar avait insinué que ses activités politiques pour le compte de l’UCK (Armée de libération du Kosovo) au sein de la diaspora durant son exil en Suisse – il est arrivé en 1990 comme requérant – y étaient pour quelque chose, et qu’il faisait l’objet d’une procédure pénale. Naim Malaj a toujours démenti ce point. Les réserves de Berne portaient en fait sur la compatibilité entre sa double nationalité – kosovare et suisse – et sa nouvelle fonction, pour ce qui est de l’immunité et des privilèges diplomatiques. Il s’en explique.

Le Temps: La polémique est désormais derrière vous…

Naim Malaj: Oui. Il s’agissait en fait d’une campagne calomnieuse menée par un journal kosovar. Le Département fédéral des Affaires étrangères voulait seulement rappeler les éventuelles difficultés qui peuvent découler de la double nationalité (ndlr: il y a d’ailleurs déjà eu un ambassadeur de Macédoine en poste à Berne qui était aussi binational). Comme je suis aussi Suisse, je ne peux par exemple pas être expulsé du territoire en cas de problèmes diplomatiques avec le Kosovo. Mais pour moi, être Suisse me permettra surtout d’exercer au mieux ma fonction, vu que je connais bien le contexte politique. C’est important. J’ai d’ailleurs refusé d’être envoyé à Bruxelles, comme Pristina l’envisageait dans un premier temps.

– Pourquoi ne portez-vous pas le titre d’ambassadeur?

– Le DFAE m’a aussi demandé des explications à ce sujet… J’assumerais bien sûr des tâches d’ambassadeur mais les dix premiers représentants du Kosovo nommés dans les pays européens ont officiellement tous le titre de chargé d’affaires car il n’y a pas eu de concours à proprement parler. Et il n’existe pas encore de véritable carrière diplomatique.

– Existe-t-il déjà une ambassade du Kosovo à Berne?

– Nous sommes encore à la recherche de locaux. Pour l’instant j’officie depuis chez moi, avec une secrétaire. A terme, nous devrions être au minimum cinq. Pristina a aussi l’intention d’ouvrir un consulat à Zurich et un autre à Genève. N’oublions pas que la diaspora kosovare est très importante en Suisse: un Kosovar sur dix y vit, ce qui fait près de 200 000 personnes.

– Quels défis allez-vous relever dans vos nouveaux habits diplomatiques?

– Les Kovosars souffrent souvent d’une mauvaise image. Or nous avons des conseillers communaux d’origine kosovare, des entrepreneurs qui créent des emplois en Suisse. Il faut le rappeler. Je vais m’atteler à donner une autre image de la diaspora kosovare en Suisse et renforcer les liens d’amitié qui existent entre nos deux pays.

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