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Doris Leuthard: «Les difficultés de la force hydraulique sont passagères»

La conseillère fédérale chargée de l’Energie était invitée à la cérémonie marquant la fin du chantier de la centrale souterraine de Nant de Drance, en Valais. Interview

La ministre de l’Energie, Doris Leuthard, a participé lundi à la cérémonie marquant la fin du chantier de la caverne de la future centrale de pompage-turbinage de Nant de Drance, au Châtelard, à proximité de la frontière séparant le Valais de la France. Cette cathédrale souterraine sera appelée à jouer un rôle important dans la stratégie énergétique post-nucléaire de la Confédération.

-En quoi cette centrale est-elle importante pour la stratégie énergétique future ?

-Le pompage-turbinage et le stockage de l’énergie sont importants pour la Suisse et pour le positionnement de la Suisse dans le marché énergétique européen.

- L’énergie hydraulique n’est-elle pas pénalisée par les subventions généreuses versées à d’autres ressources renouvelables, comme l’éolien et le photovoltaïque ?

- Il y a actuellement des surcapacités sur le marché et certaines subventions, notamment en Allemagne, ont des effets pervers. Il y a un autre problème : les certificats d’émission de CO2 sont trop bon marché, ce qui a pour conséquence que certaines énergies fossiles sont elles aussi trop bon marché. L’électricité hydraulique traverse quelques années difficiles, mais je pense que cela va se stabiliser.

- Les investissements pourront-ils être amortis ?

- A long terme, je le pense. Les difficultés de la branche sont passagères. Les prix du marché repartiront à la hausse.

- Certaines sociétés comme les BKW suspendent leurs investissements dans l’hydraulique. Est-ce que cela vous inquiète ?

- D’un pont de vue économique, je comprends ces décisions. Nous avons publié un rapport qui montre que le marché sera plus favorable à partir de 2020 et que les investissements seront à nouveau rentables.

- Les modèles commerciaux des sociétés électriques doivent-ils être modifiés ?

- Le marché énergétique n’était pas particulièrement innovant. Les modèles commerciaux étaient réglés en fonction de la consommation aux heures de pointe. Ces modèles ne fonctionnent plus. L’énergie solaire ou éolienne est disponible à d’autres moments de la journée. Les entreprises sont heureusement en train de revoir leurs modèles afin de ne pas se focaliser uniquement sur les heures de pointe.

- Le vote du 9 février a eu pour conséquence le gel de l’accord sur l’électricité entre la Suisse et l’UE. Pensez-vous que ce problème pourra se régler ?

- Le Conseil fédéral va tout faire pour débloquer la situation, mais ce ne sera pas facile. Nous courons le risque que la Suisse soit considérée comme un pays tiers ne faisant pas partie du marché européen libéralisé dès le 1er janvier 2015. Mais nous allons tout faire pour régler le problème. Je proposerai cet été au Conseil fédéral de mettre en consultation un projet de libéralisation du marché suisse et j’espère que nous pourrons reprendre les discussions avec l’UE avant l’été.

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