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C'est une habitude récente: les conseillers fédéraux mènent campagne flanqués de parlementaires et de représentants de l'économie. De gauche à droite: Peter Schilliger (PLR/LU), Yannick Buttet (PDC/VS), Doris Leuthard et Rolf Soiron, président de ...
© PETER SCHNEIDER

Environnement

Doris Leuthard: «L’initiative pour l’économie verte veut trop, en trop peu de temps»

La conseillère fédérale entre en campagne contre l’initiative populaire des Verts. Elle avait proposé un contre-projet, qui a été refusé. Elle invite les entreprises à se «verdir» de manière volontaire

«Trop en trop peu de temps.» C’est ainsi que Doris Leuthard, conseillère fédérale en charge de l’Energie et de l’environnement, qualifie l’initiative populaire «Pour une économie verte», sur laquelle le peuple et les cantons se prononcent le 25 septembre. Lancé par les Verts, ce texte demande de mettre en place une stratégie de gestion durable et économe des matières premières «afin que l’activité économique n’épuise pas les ressources naturelles».

L’empreinte écologique de la Suisse, c’est-à-dire l’impact de la consommation sur l’environnement, doit être réduite d’ici à 2050 de manière à ne pas dépasser ce que la terre est en mesure de fournir. Cet impact équivaut actuellement à l’équivalent de trois planètes.

«Pas réalisable»

«Pour atteindre cet objectif, il faudrait réduire cet impact de deux tiers en l’espace de 34 ans. Ce n’est pas réalisable. Ou alors cela induirait des coûts excessifs. Cela impliquerait des changements structurels qui entraveraient notre compétitivité économique», se défend Doris Leuthard, qui a présenté ses arguments de campagne jeudi flanquée du président de Lonza, Rolf Soiron, et de deux élus fédéraux, Yannick Buttet (PDC/VS) et Peter Schilliger (PLR/LU).

La nécessité de mieux gérer les ressources et les déchets n’est pas contestée. Mais ce sont les moyens proposés par l’initiative qui dérangent les milieux économiques et la droite. Le texte de l’initiative énumère en effet les mesures qui, en plus d’incitations fiscales récompensant les entreprises méritantes, pourraient être prises si les objectifs ne sont pas atteints: prescriptions sur les processus de production, sur les produits et sur les déchets, et, surtout, taxes d’incitation. Ce dernier mot fait peur: on n’aime pas les taxes, pas davantage que la menace d’en introduire.

«Bétonnage de l’îlot de cherté»

«La compétitivité des PME est mise en péril par cette initiative, qui relève de l’économie planifiée de gauche. On risque d’interdire d’importer certains produits et de renchérir les prix en Suisse. Cette initiative veut bétonner l’îlot de cherté qu’est la Suisse», s’étrangle Peter Schilliger. «Pas du tout», réplique la conseillère nationale Adèle Thorens (Verts/VD), l’une des chevilles ouvrières de l’initiative. «Notre but est de fixer des objectifs. Et nous serons ravis s’ils sont atteints par des mesures volontaires, sans contraintes légales et sans taxe», réplique-t-elle, interrogée par «Le Temps». Elle insiste sur le fait que l’initiative veut encourager la recherche, l’innovation ainsi que la fermeture des cycles de vie des matériaux, c’est-à-dire le recyclage et la récupération.

Lire aussi: Comment rendre l’économie plus verte

«Le texte de l’initiative paraît ouvert et constructif. Mais c’est un laissez-passer pour une réglementation excessive, qui va bien au-delà de l’encouragement de la recherche et de l’innovation. La Suisse ne peut pas faire cavalier seul. Or certaines mesures de restriction des produits pourraient être contraires aux accords de libre-échange et à ceux de l’OMC», redoute Rolf Soiron.

«Le tri des déchets fonctionne»

L’un des piliers de l’initiative est le recyclage des matériaux. «Le tri des déchets et le recyclage fonctionnent déjà très bien et sont conçus d’une manière qu’il est possible de les financer», constate Yannick Buttet. Le taux de retour dépasse 90% pour le verre, le papier et le carton, il est de 82% pour le PET. «Et l’on atteint ces taux sans qu’il ait fallu introduire des consignes», fait remarquer le Valaisan. Doris Leuthard continue de miser sur les efforts décidés volontairement par les entreprises pour produire de manière plus écologique et encourager le recyclage.

Elle avait lancé l’idée d’un contre-projet, sous la forme d’une révision de la loi sur la protection de l’environnement (LPE). Elle comptait y glisser deux éléments qui n’y figuraient pas: la notion de gestion efficace des ressources (par la généralisation du recyclage, notamment pour le plastique et le phosphore contenu dans les boues d’épuration) et les conventions de branches. Ce contre-projet a échoué de peu au parlement, victime d’une fronde musclée menée par treize organisations économiques qui jugeaient inopportun, dans un contexte de franc fort, d’imposer de nouvelles exigences de production aux entreprises.

A ce sujet: Treize associations faîtières lancent la charge contre l’«économie verte»

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