Climat

Doris Leuthard optimiste sur l’issue de la COP21

Au dernier jour de la conférence sur le climat de Paris, la conseillère fédérale estime qu’il existe des convergences entre les parties

Doris Leuthard se dit «relativement optimiste» quant à l’issue de la conférence sur le climat COP21. La conseillère fédérale en charge de l’environnement et des transports était de retour jeudi à Paris après sa réélection au Conseil fédéral. Lors d’un point presse, elle a livré son appréciation de l’avancée des négociations. Celles-ci sont désormais rentrées dans la dernière ligne droite, avec la ratification de l’accord prévue vendredi en fin de journée.

Les tractations ont été intenses jeudi à la COP21, où plusieurs aspects de l’accord continuent de diviser les 195 pays qui prennent part aux discussions. Le principal point d’achoppement demeure la question de la différenciation, soit la répartition des efforts entre les pays développés et les pays en développement. Cette question traverse de nombreux aspects du texte, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre au financement de la lutte contre les changements climatiques, en passant par l’obligation de transparence sur les résultats.

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Dernier brouillon

Mais les positions des uns et des autres sont-elles vraiment irréconciliables? «Les discussions auxquelles j’ai pris part ces dernières heures m’ont laissé entrevoir des points de convergence. J’attends maintenant des ministres qu’ils s’impliquent davantage et qu’ils prennent des décisions politiques sur les sujets qui continuent à faire débat», a indiqué Doris Leuthard. Une nouvelle mouture du texte, maintes fois reportée au cours de la journée, devait être publiée jeudi soir à Paris. Il s’agira normalement du dernier brouillon avant l’accord final de vendredi. Les délégués des pays se préparaient vendredi soir à une nouvelle nuit de discussions pour tenter de respecter l’agenda.

Doris Leuthard a aussi annoncé que la Suisse venait de rejoindre un groupe de négociateurs appelé «coalition de haute ambition». Ce groupe informel, dont l’existence n’a été révélée qu’il y a quelques jours à Paris, rassemble une centaine de pays dont les Etats-Unis et les membres de l’Union européenne, mais aussi des Etats insulaires et des pays africains. Ces pays s’expriment d’une même voix en faveur d’un seuil de 1,5°C de réchauffement à ne pas dépasser d’ici la fin du siècle, et pour l’objectif à long terme d’une économie bas carbone. Ses membres se positionnent aussi en faveur d’un cycle de révision des engagements des pays tous les 5 ans et pour un financement de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres à lutter contre les changements climatiques.

Lutte contre la déforestation

Interrogée sur l’implication financière de la Suisse dans la politique climatique, la Conseillère fédérale a rappelé que la Suisse subventionnait déjà la lutte contre le réchauffement à hauteur d’environ 300 millions de francs par année et qu’elle était en favorable au soutien des pays les moins avancés. Elle a cependant réitéré le souhait que des pays émergents comme Singapour ou l’Arabie saoudite deviennent eux-mêmes donateurs. Doris Leuthard a aussi souligné l’importance de voir le thème de la lutte contre la déforestation figurer en bonne place dans l’accord. Elle a été chargée en début de semaine de faciliter les discussions entre les parties sur les forêts, en collaboration avec les ministres de l’environnement d’Equateur et du Congo-Brazzaville.

«Nous souhaitons que le texte de l’accord gagne en ambition avant son adoption, a souligné Doris Leuthard. Nous voudrions aussi qu’il mentionne l’idée de donner un prix au carbone, même s’il y a de fortes résistances sur ce point.» Les pays pétroliers sont opposés à toute tarification des émissions de CO2, car cela pénaliserait fortement leurs économies. Un point de discorde supplémentaire à éclaircir dans les heures à venir.

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