Pour sa deuxième présidence de la Confédération, Doris Leuthard a décroché des hôtes prestigieux. La démocrate-chrétienne recevra les 22 et 23 juin, le roi des Belges Philippe, qui assume le rôle de chef de l’Etat. La dernière visite d’Etat belge en Suisse remonte à l’an 2000. Le roi Albert II, le père de Philippe, qui a abdiqué en 2013, avait été accueilli par Adolf Ogi.

En janvier, Doris Leuthard recevait en visite d'Etat le président chinois, Xi Jinping. Mais elle honorait alors une invitation lancée par les services de Johann Schneider-Ammann lors de son année présidentielle en 2016. Une seconde visite d'Etat est prévue cet automne.

L’apprentissage en vitrine

Avec le roi Philippe, Doris Leuthard et l’ensemble du Conseil fédéral pourront célébrer les liens forts qui unissent la Suisse et la Belgique, deux pays amis, Etats cousins pourrait-on dire tant les similitudes sont nombreuses. Les communautés belge en Suisse (13 000 personnes) et suisse en Belgique (8000 personnes) restent modestes. Mais la Belgique plurilingue – l’allemand et le français y sont aussi des langues nationales –, Etat fédéraliste de 11 millions d’habitants niché au cœur de l’Europe, partage nombre de défis communs avec la Confédération. Berne et Bruxelles se soutiennent d’ailleurs souvent mutuellement lors de candidatures internationales.

Les relations culturelles, scientifiques et académiques entre les deux pays sont qualifiées d’intenses. En termes économiques, le volume des échanges commerciaux se monte à 10 milliards de francs par an. Sur un plan plus personnel et tragique, l’accident d’un car à Sierre, qui avait coûté la vie à 28 personnes dont 22 enfants belges et néerlandais il y a cinq ans, a aussi marqué les mémoires et le lien entre la Suisse et la Belgique. Il n'est toutefois pas prévu que le roi et la reine se rendent en Valais à l'occasion de la visite d'Etat.

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Ouverture européenne

Après la réception formelle par le Conseil fédéral, la visite d’Etat sera consacrée le vendredi en partie à la formation duale. Le Conseil fédéral mettra en vitrine la filière de l’apprentissage, comme lors de la venue de François Hollande en 2015.

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Côté belge, le mantra lors de chaque rencontre avec un interlocuteur suisse est celui de l’intégration européenne. En 2000, au lendemain du vote positif sur les sept accords des bilatérales I, le roi Albert II encourageait Berne à poursuivre sur la voie de l’ouverture européenne.

En 2014, après le vote du 9 février sur «l’immigration de masse», le ministre belge Didier Reynders incitait l’UE à négocier avec la Suisse.

Le roi Philippe ne manquera sans doute pas lui aussi de faire allusion à la politique européenne de la Suisse, dont le développement est suspendu à la négociation d’un accord institutionnel. Et peut-être de rappeler ce que le cousin belge, qui abrite la Commission européenne et son administration, tire comme avantages de l’intégration dans l’UE.