«Je recommanderai la préservation du patrimoine bâti déjà existant», a affirmé Doris Leuthard en sortant d’une rencontre en terre valaisanne au sujet de la Lex Weber avec les présidents des communes, le Conseil d’Etat et les parlementaires valaisans à Berne. «Mais cela n’a jamais été un sujet de débat parce que les initiants n’ont jamais manifesté l’intention de toucher à l’immobilier existant», a-t-elle relativisé. En Valais, cette question angoissait. Un bien allait-il pouvoir être vendu comme résidence secondaire ou comme résidence primaire? «Toucher à ces questions aurait des incidences trop importantes sur la valeur des biens, les banques pourraient demander des remboursements d’hypothèques par exemple», a appuyé la conseillère fédérale.

Cette séance promettait d’être houleuse tant le canton s’est montré hostile jusqu’ici à cette initiative. Des membres de son propre parti, organisateur de cette rencontre, disent en coulisse leur colère contre Doris Leuthard et contre les parlementaires valaisans qui n’ont pas su à leurs yeux éviter l’acceptation de ce texte. Elle répond que le parlement a choisi de procéder par la voie d’un contre-projet, la révision de la loi sur l’aménagement du territoire, entré en vigueur avant la votation. «J’ai défendu le contre-projet mais le peuple n’a pas jugé que les mesures déjà prises par le canton étaient suffisantes.»

Et c’est sous les applaudissements qu’elle est sortie de la salle pour répondre brièvement aux médias. «La rencontre s’est bien passée», estime le conseiller aux Etats Jean-René Fournier. «Mais c’est vrai qu’il y a eu des moments un peu durs. C’est parfaitement compréhensible de la part des présidents de communes qui sont au cœur de l’incertitude tant que l’ordonnance n’est pas sous toit.»

La question de la date d’entrée en vigueur du texte fait débat depuis le 12 mars. Faut-il appliquer des restrictions depuis le jour de la votation ou à partir du 1er janvier 2013, date butoir stipulée dans le texte de l’initiative? A cette question cruciale, Doris Leuthard a simplement répondu comme elle le fait depuis le 11 mars qu’elle conseillait la prudence puisqu’il existe un flou juridique. «Mais la décision relève de la liberté des communes», a-t-elle ajouté hier soir. Elle a aussi rappelé que l’ordonnance d’application de la loi sera prête le 1er septembre.