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Présidente de la Confédération, Doris Leuthard ne briguera pas de nouveau mandat.
© URS FLUEELER

Conseil fédéral

Doris Leuthard, une étonnante démission programmée

Dans une annonce surprise, la présidente de la Confédération évoque sa démission, peut-être deux ans à l'avance, soit au plus tard en automne 2019. Trois noms de papables peuvent être avancés

Ce n'est pas une bombe politique, mais tout de même une petite surprise. Dans l'interview – enregistrée voici une semaine – qu'elle a accordée à la RTS à l'occasion de la fête nationale, la présidente de la Confédération Doris Leuthard a apporté quelques précisions quant à la date de son départ. A la question de savoir si le département des Affaires étrangères, que libère Didier Burkhalter à fin octobre, l'intéressait, elle a répondu par la négative. Estimant qu'un conseiller fédéral doit rester dans un département au moins quatre à six ans pour y devenir efficace, elle a exclu de le reprendre dans la mesure où elle a l'intention de quitter le collège «au plus tard à la fin de la présente législature».

«Une première»

Certes, personne ne s'attendait à ce que la cheffe du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) sollicite un nouveau mandat en 2019. Jusqu'à présent, Doris Leuthard avait juste démenti ceux qui la voyait démissionner à fin 2017, soit à la fin de son année présidentielle. Tout de même, le fait qu'une conseillère fédérale annonce son retrait peut-être deux ans avant qu'il ne devienne effectif constitue «une première», selon un observateur avisé de la scène fédérale.

Doris Leuthard n'est pas Didier Burkhalter, qui a surpris tout son monde en annonçant sa démission le 14 juin dernier pour des raisons avant tout «personnelles». «Elle veut s'assurer que son départ soit idéal à la fois pour l'Etat comme pour son parti», déclare le président du PDC Gerhard Pfister.

Consulter notre dossier sur la succession Burkhalter

Pour l'Etat, cela signifie que Doris Leuthard veut clore les dossiers importants ou du moins les mettre sur les bons rails. En matière de politique médiatique, elle tient non seulement à gagner son combat contre l'initiative «No Billag» qui veut supprimer toute redevance à la SSR, mais aussi à lancer le projet de nouvelle loi sur les médias électroniques. Sur le thème de l'énergie, après son récent succès sur la stratégie 2050, elle veut se concentrer sur la politique climatique. A plus court terme, elle tentera en tant que présidente de débloquer les plus gros dossiers encore suspendus avec l'UE, mais sans forcément régler la question de l'accord institutionnel si controversé.

A propos de ses combats de votations: Doris Leuthard, la machine à gagner

Dernier service rendu au PDC 

Parvenue au Conseil fédéral en 2006 après avoir présidé le PDC, Doris Leuthard tient à lui rendre un dernier service, soit lui assurer une visibilité maximale au seuil des élections de 2019. Personne n'a oublié le coup de maître du PS lorsqu'il avait profité à fond de la démission d'Otto Stich lors des élections fédérales de 1995. Si Doris Leuthard veut jouer cette carte-là, il faut désormais s'attendre à une démission de sa part en été 2019.

Inutile de dire que l'annonce de la conseillère fédérale a relancé la course aux papables à sa succession. Parmi les meilleurs candidats, il faut – probablement – retrancher deux noms: d'une part celui du chancelier Walter Thurnherr, dans la mesure où celui-ci préfère se mouvoir dans les coulisses du pouvoir et où son parti tient à conserver ce poste stratégique; d'autre part, celui de Gerhard Pfister, qui assure vouloir jouer la continuité à la tête du parti.

Les papables: trois sénateurs

Dès lors, trois noms de sénateurs émergent: ceux de Pirmin Bischof (SO), Konrad Graber (LU) et Stefan Engler (GR). Le premier, avocat notaire de 58 ans, conseiller aux Etats depuis 2011, a certainement renoncé à briguer la présidence du parti pour mieux viser le Conseil fédéral. Ses prises de positions proches de l'économie et de la finance en font un candidat fort apprécié au PLR et à l'UDC. Mais en tant que Soleurois, il a le désavantage de venir de la Suisse du Mittelland, déjà (trop) bien représentée au Conseil fédéral.

De son côté, Konrad Graber, 58 ans, président de la commission de la santé (CSSS), vient de faire très forte impression lors de la Conférence de conciliation qui a dû trancher sur l'important dossier de la réforme des retraites. «Grand artisan de la solution approuvée par le parlement, il s'y est acquis une stature de conseiller fédéral en puissance», confie l'un de ses membres. Reste à savoir si cet homme de compromis très apprécié dans son parti a vraiment envie de briguer la fonction suprême.

Enfin, Stefan Engler (57 ans), ancien conseiller d'Etat grison, assure qu'il n'a «plus rien à prouver» à Berne, ce qui ne veut encore rien dire. Plutôt franc du collier, il n'a pas hésité à critiquer son parti dont il estime qu'il devrait devenir «plus courageux plutôt que de s'orienter une fois à gauche et une fois à droite». C'était dans un journal argovien juste avant les élections de 2015.

L'hommage à Isabelle Chassot

Et les femmes? Au PDC, personne n'a la carrure d'une Doris Leuthard, que ce soit Ruth Humbel (AG), Viola Amherd (VS), Barbara Schmid-Federer (ZH) ou encore Elisabeth Schneider-Schneiter (BS). «La seule qui l'aurait est une Romande, à savoir l'ancienne conseillère d'Etat fribourgeoise Isabelle Chassot, actuelle cheffe de l'Office fédéral de la culture», note un conseiller national alémanique du parti. Inimaginable pourtant que ce poste revienne à une Romande, fût-ce d'un canton bilingue. Bel éloge, tout de même!

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Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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