C’est un signal fort que Doris Leuthard compte adresser pour contrer l’initiative «No Billag», qui exige la suppression de toute perception d’une taxe radio-TV. Ce mercredi 18 octobre, selon nos informations, elle proposera au Conseil fédéral d’abaisser la redevance à 365 francs par an, soit à un franc par jour et par ménage.

Actuellement, cette taxe s’élève encore à 450 francs par an. Doris Leuthard plafonne aussi les recettes totales de cette redevance à 1,2 milliard de francs, comme elle l’avait promis, profitant de l’élargissement de l’assiette de perception acceptée en votation populaire en juin 2015.

L’UDC soutient «No Billag»

L’initiative «No Billag» sera le dernier grand combat de la cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). Cette année, les Chambres l’ont rejetée sans lui opposer de contre-projet. L’UDC, qui en voulait un, avait proposé de réduire la redevance de moitié, mais elle a perdu cette bataille au Conseil national. Frustrée, une majorité de son groupe s’est alors ralliée à l’initiative, alors qu’elle ne la soutenait pas à l’origine.

C’est bien de là que pourrait venir le danger d’une votation dont la date n’est pas encore fixée, mais qui devrait se dérouler en mars ou en juin prochain. Cette campagne est loin d’être gagnée. Un premier sondage, même s’il ne faut pas en surestimer l’importance, donne le oui légèrement en tête. Doris Leuthard a senti la menace. Elle s’empresse donc de tenir les engagements qu’elle a pris durant les débats aux Chambres.

Un geste pour les radios et TV privées

Elle avait promis une redevance «largement en dessous de 400 francs» par an et par ménage. En fixant ce montant à 365 francs, elle ajoute une note symbolique à son message. «Un service public pour un franc par jour, assurant dans les quatre régions linguistiques du pays une information de la même et bonne qualité, c’est peu cher payé», indique-t-elle.

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De plus, la ministre de la Communication apaise de nombreux éditeurs privés. Dans la foulée, elle élève aussi la quote-part de cette redevance dédiée aux radios et TV régionales privées, qui sera augmentée substantiellement. Selon la volonté exprimée par le Conseil national, cette quote-part devrait passer de 5 à 6% des recettes totales.

Mauvaise nouvelle pour la SSR

Pour la SSR, ce montant de 365 francs par an n’est assurément pas une bonne nouvelle. Il obligera vraisemblablement la nouvelle équipe à la tête de la SSR, qui s’est présentée à la presse le 6 octobre dernier, à ficeler un paquet de mesures d’économies pour 40 à 50 millions de francs dès 2019, selon une première estimation. Outre le montant de la redevance plafonné à 1,2 milliard, les recettes publicitaires, qui représentaient jusqu’ici environ 300 millions de francs par an, sont elles aussi en baisse. La redevance représente environ 70% des recettes de la SSR, la publicité, le solde. Dans certaines télévisions privées profitant de la redevance, la clé de répartition devient proche.