La ministre de l’économie, l’Union syndicale suisse (USS), l’Union patronale (UPS) et l’Union suisse des arts et des métiers (USAM) se sont réunies aujourd’hui à Berne dans l’entreprise d’entraînement Santifit. Ils ont affirmé leur volonté de maintenir le nombre de places d’apprentissage.

Cet été, les jeunes auront davantage de peine à trouver un emploi au terme de leur apprentissage. Si ni l’Etat ni l’économie n’agissent, le taux de chômage devrait avoisiner 6% d’ici la fin de l’année, et grimper à 9,3% l’an prochain, d’après Doris Leuthard. En mars, 5,1% des 20-24 ans, contre 3,4% de la population active totale, étaient sans emploi.

636 millions prévus

La ministre a rendu attentifs les partenaires sociaux à la nécessité de prendre des mesures (stages, apprentissages) en faveur des jeunes. Dans cette perspective, 494 millions de francs seront débloqués pour l’année en cours, voire 636 millions selon l’évolution conjoncturelle. Les fonds sont disponibles, a précisé Doris Leuthard.

L’appel de la démocrate-chrétienne à préserver et, si possible, créer des places d’apprentissage et de stage a été entendu par les partenaires sociaux. Thomas Daum a souligné l’importance «d’assurer aux jeunes une intégration réussie dans le marché du travail». Et le directeur de l’Union patronale de renchérir: «A plus longue échéance, la pénurie de personnel nous créera plus de soucis que le chômage des jeunes».

De son côté, l’Union syndicale suisse prône une prolongation de la durée de formation. Les apprenants ne trouvant pas de place de travail doivent pouvoir entreprendre une formation supplémentaire, selon Daniel Lampart, chef économiste de la centrale syndicale.

Le Département fédéral de l’économie (DFE) et les partenaires sociaux ont développé des projets dans le domaine du marketing, à l’instar d’un dépliant destiné aux jeunes et aux employeurs signalant les différents services auxquels les demandeurs d’emploi peuvent s’adresser. Des instruments de formation transitoire ont également été mis en place.

Situation actuelle stable

L’assurance chômage soutient ces stages pour jeunes chômeurs […] et prend en charge jusqu’à 75% des charges salariales, a détaillé la cheffe du DFE.

«La situation actuelle est plus ou moins stable», a soutenu Doris Leuthard. Le nombre de jeunes en fin de scolarité devrait reculer cette année, d’où un effet positif sur le marché du travail. La conseillère fédérale a affirmé que de nombreuses places avaient déjà été attribuées outre-Sarine. En Suisse romande, le recrutement ne débute que maintenant.

Les cantons annoncent par ailleurs «une légère hausse du nombre d’apprentissages», a précisé l’Argovienne. Les jeunes qui présentent des problèmes sociaux ou scolaires peinent cependant à trouver une place.