Les douanes suisses ont promis mardi de répondre au manque d’effectifs à la frontière genevoise, quelques jours après que le syndicat de douaniers GaraNto a dénoncé les «lacunes sécuritaires» et des «frontières devenues passoires». Selon le syndicat, il manquerait une soixantaine d’agents, rien qu’à Genève.

Présent lors d’une rencontre avec la presse à la douane de Bardonnex (GE), Rudolf Dietrich, le directeur général des douanes, a reconnu que la sécurité constituait la principale préoccupation de Genève, dans un contexte croissant de grande criminalité. Des réponses, selon lui, sont apportées: «Alors que la douane a dû réduire de 2000 à 2010 son personnel d’environ 10% dans toute la Suisse, Genève dispose aujourd’hui d’un plus grand nombre de gardes-frontière qu’il y a dix ans» – 338 agents, contre 308 à l’époque. Il faut cependant ajouter que 40 sont des renforts venus d’autres régions. Rudolf Dietrich a confirmé que deux classes comptant chacune 24 aspirants seront recrutées afin de reconstituer l’effectif genevois.

Accusé de courber le dos face au Conseil fédéral et de ne pas avoir le courage de défendre ses agents sur le terrain, le directeur résume ainsi la situation dans laquelle son rôle le confine: «Je dois obéir, je fais le mieux possible avec les moyens que l’on met à ma disposition.» Des moyens devenus plus limités, à l’image des effectifs de la douane civile qui, ces dix dernières années, ont fondu de 25%.

Claude Meylan, le commandant des gardes-frontière de la région de Genève, ne nie pas le chiffre, avancé par la TSR, de 7 patrouilleurs pour 110 km de frontière commune avec la France. «Mais c’était en 2008. Aujourd’hui, ils sont de 10 à 17, auxquels peuvent être adjoints, selon les nécessités, les personnels fixes des douanes de Bardonnex et de Thônex», avance-t-il.

Par ailleurs, les récentes actions communes avec la gendarmerie, «à l’origine de la baisse du nombre de cambriolages dans le canton», pourraient être reconduites. L’Administration fédérale des douanes (AFD) mise également sur la coopération entre les autorités chargées de la sécurité de part et d’autre de la frontière, avec notamment le Centre de coopération policière et douanière franco-suisse installé il y a sept ans à Genève. Un canal de communication commun existe désormais et des patrouilles mixtes sont engagées sur le terrain trois à quatre fois par mois.

2500 arrestations

Ces efforts ne devraient pas être de trop, sachant que les douaniers suisses n’ont pas chômé en 2010 (lire ci-dessous). Un nombre record de produits contrefaits a été enregistré (2741). Les denrées alimentaires ont représenté la majeure partie des marchandises de contrebande découvertes. Quelque 826 tonnes ont été interceptées, dont 565 tonnes de fruits et légumes et 57 tonnes de viandes. Les droits de douanes soustraits par ces trafics s’élèvent à 3,5 millions de francs contre 2,1 millions en 2009.

L’AFD est aussi engagée sur le front de la lutte contre le trafic de drogue. Environ 77,8 kilos de haschisch (48,7 en 2009) et 79 kilos de marijuana (46 en 2009) ont été saisis aux frontières. Les prises d’héroïne ont totalisé 31,5 kilos (29,6 en 2009) et de cocaïne 180,5 kilos (280,2 en 2009). Le corps des gardes-frontière a par ailleurs arrêté et remis à la police en 2010 plus de 2500 personnes signalées pour les délits les plus divers.