Critiquée pour ses carences dans le contrôle des Offices des poursuites et des faillites, l'autorité de surveillance composée de trois juges se retrouve sous une double critique. Et cela au moment où l'Entente de droite souhaite lui redonner ce rôle supprimé par le Grand Conseil en septembre (Le Temps du 8 décembre).

Attaque politique du député de l'Alliance de gauche Rémy Pagani, à l'origine de l'éclatement de l'affaire. Celui-ci rappelle vertement que «les juges de l'autorité de surveillance n'ont pas effectué leur travail correctement» et que deux d'entre eux ont accepté un repas de fin d'année avec ceux qu'ils étaient censés contrôler. Il demande également au Conseil d'Etat de poursuivre les investigations sur dix dossiers, notamment celui de la «faillite du garage d'Eauxmortes et de plusieurs commerces rachetés par des personnes proches de Radio Univers et MAGICOM».

L'autre forte critique émane du Centre social protestant (CSP), qui réagit contre l'abaissement du seuil minimal insaisissable par les poursuites. L'alignement sur les nouvelles normes suisses se traduit en effet à Genève par un abaissement de 90 francs du montant de base mensuel pour une personne seule. Le CSP regrette que l'autorité de surveillance n'ait jamais jugé utile de répondre à ses courriers d'alerte.