«Le Temps» recueille les impressions de nouveaux élus durant leur première semaine de session parlementaire Alain Ribaux 49 ansPLR/NE

Alain Ribaux est un homme pressé. Elu en 2008 au sein de l’exécutif de la Ville de Neuchâtel – son premier mandat politique –, puis en 2009 au Grand Conseil, l’ancien juge vient d’accéder au Conseil national en brûlant la politesse sur sa liste à la sortante Sylvie Perrinjaquet. Une performance remarquée.

Pour ses premiers pas au Palais fédéral, l’élu PLR a dû garder le rythme. Lundi, il a commencé sa journée par une séance matinale avec ses collègues du Conseil communal. Il a ensuite sauté dans le train pour être assermenté à Berne. Ses premiers repères à peine pris, il est retourné au pas de course à la gare pour rejoindre Neuchâtel peu après 18h. «Comme chef des Finances, je devais défendre le budget 2012 devant le Conseil général. Les débats se sont terminés à minuit. Je n’ai pas eu une minute à moi, j’ai mangé dans le train», souligne-t-il en surveillant le bipeur qui avertit les députés de l’imminence d’un vote – un réflexe qui trahit les nouveaux arrivés.

S’il est élu lors des communales de l’an prochain, Alain Ribaux conservera son double mandat jusqu’en 2015. Pas une année de plus. «Comme le canton de Neuchâtel perdra un siège à Berne (de 5 à 4, ndlr), le PLR n’en aura plus qu’un. Une réélection au Conseil national sera donc très incertaine…»

Pour ne pas s’épuiser, le nouvel élu mise sur une organisation sans faille. Dès le début de l’année prochaine, il s’adjoindra les services d’un assistant parlementaire pour se décharger de certaines tâches. «Avec le double mandat, je ne peux pas me permettre de m’éparpiller. Je dois me concentrer sur l’efficacité.» Au vu du contexte, il se dit plutôt satisfait d’avoir hérité de la commission des institutions politiques. «Ce n’est pas mon premier choix, mais ça correspond à mes compétences. Ça ne devrait pas être trop prenant.»

De ses premiers jours sous la Coupole, Alain Ribaux retient un cadre de travail idéal et une grande intensité. «Tout est extrêmement bien organisé. Les débats sont très cadrés, très codifiés. Cela change du Grand Conseil neuchâtelois. La spontanéité est extrêmement réduite, mais on y gagne en efficacité.»

Le 14 décembre, Alain Ribaux votera comme il se doit pour Didier Burkhalter, qui vient comme lui de la ville de Neuchâtel. Celui qui se définit comme un «libéral humaniste» tentera ensuite de se faire un nom à Berne, comme son aîné. «Je resterai fidèle à mes principes, promet-il. Je revendique une certaine forme de liberté. Cela ne veut pas dire que je jouerai les rebelles. Au fond, je suis quelqu’un d’assez sage.»

Pierre-Emmanuel Buss BERNE