Transports

Doublement du tunnel du Mont-Blanc: Chamonix dit non

L’idée d’un second tube refait surface côté italien. Refus catégorique du versant français, qui subit les effets de la pollution liée au trafic routier

Un projet de construction d’un second tube routier sous le Mont-Blanc refait surface du côté italien. De quoi fâcher Eric Fournier, le maire de Chamonix, dont la ville subit toute l’année les nuisances de la pollution liée à un intense trafic routier, comme la vallée de l’Arve. «Ce n’est pas la première fois que la menace pèse et nous avons fort heureusement des assurances du gouvernement français qui s’oppose à toute idée de doublement du tunnel», explique l’élu.

Le dossier est revenu sur la table après le souhait de la société qui gère le tunnel côté italien de procéder à des travaux d’envergure. La voûte de l’ouvrage, construite dans les années 1960, doit être rénovée et mise aux nouvelles normes de sécurité. Ce chantier nécessitera des mois de fermeture du tunnel. Si c’est une aubaine pour la qualité de l’air, se réjouit-on à Chamonix, c’est une catastrophe potentielle pour l’économie locale italienne et le val d’Aoste, qui redeviendrait un cul-de-sac.

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La peur d'une nouvelle fermeture

L’incendie dans le tunnel en 1999 avait entraîné une fermeture de trois ans et mis à mal l’activité commerciale et touristique. La peur d’une nouvelle fermeture a gagné la classe politique valdôtaine, notamment la présidence de la région. Pour en finir avec ces craintes récurrentes, une seconde percée du tunnel serait à l’étude, qui permettrait de conserver un trafic routier quand des chantiers sont en cours.

«Nous avons dépassé en 2018 le chiffre de 2000 poids lourds par jour dans le tunnel, un second tube ferait exploser le trafic avec toutes les conséquences que vous pouvez imaginer sur l’environnement et la santé des habitants», s’insurge Eric Fournier. Qui rappelle que, du côté italien, la pollution est moindre du fait d’une topographie moins enclavée. «Nous conditionnerons notre association à la mise en œuvre du plan de protection de l’air pour la vallée de l’Arve présenté récemment par le préfet de Haute-Savoie à une contestation ferme et définitive par l’Etat français de toute velléité italienne de doublement du tunnel», avertit l’édile.

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Cet été, Nicolas Hulot, qui était encore ministre de la Transition écologique, avait apporté des garanties dans ce sens. Eric Fournier attend de François de Rugy, qui a succédé au démissionnaire, qu’il affiche la même détermination face aux autorités italiennes.

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