Les dirigeants du Parti démocrate-chrétien ont dû pousser un grand soupir de soulagement en apprenant que Viola Amherd serait candidate à la succession de Doris Leuthard. Car, jusqu’à mercredi, c’était un peu la soupe à la grimace. Les uns après les autres, plusieurs prétendants sérieux avaient jeté l’éponge: le Grison Stefan Engler, l’Obwaldien Erich Ettlin, promu chouchou des médias sitôt le départ de Doris Leuthard annoncé, l’Argovienne Ruth Humbel, le Soleurois Pirmin Bischof, le Saint-Gallois Benedikt Würth, tous ont renoncé à se lancer dans la course.

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Si bien que la liste des papables s’était réduite à trois personnes, Elisabeth Schneider-Schneiter (BL), Heidi Z’graggen (UR) et Peter Hegglin (ZG), dont aucune n’affiche ni la robustesse, ni les aptitudes, ni le charisme de la conseillère fédérale démissionnaire.

En comparaison avec la candidature naturellement convaincante de la libérale-radicale Karin Keller-Sutter pour le remplacement de Johann Schneider-Ammann, le PDC faisait pâle figure. C’est pour cette raison que sont nées les spéculations autour du chancelier de la Confédération, Walter Thurnherr, que des parlementaires de tout bord – PDC inclus – considèrent comme le meilleur atout du parti centriste.

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Tout cela a donné un sentiment d’impréparation et de manque d’anticipation. Les changements intervenus au sein de l’état-major du parti, que l’expérimentée secrétaire générale Béatrice Wertli a quitté en septembre, n’y sont sans doute pas étrangers.

Qu’apporte l’entrée en scène de Viola Amherd? Elle redonne un peu de lustre à la panoplie de prétendants que le PDC pourra présenter à l’Assemblée fédérale. Elle favorise l’élection de deux femmes le 5 décembre. La Valaisanne dispose d’une expérience d’exécutif – elle a été présidente de Brigue de 2001 à 2012 –, elle est vice-présidente du groupe démocrate-chrétien, est bien intégrée dans son parti et connaît également bien les dossiers dont elle s’est occupée dans les commissions où elle a siégé.

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Mais elle n’aura jamais la tonicité de Doris Leuthard. Et l’on ne l’identifie guère aux grands enjeux du moment, comme les relations entre la Suisse et l’UE, ou la réforme des retraites. Sur ce point également, elle souffre de la comparaison avec Karin Keller-Sutter, qui a prouvé sa capacité à passer d’un dossier crucial à l’autre.

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Par ailleurs, Viola Amherd et, avec elle, le PDC ne sont pas à l’abri d’un cahot lié à sa récente opération, à l’affaire civile qui affecte sa hoirie ou à une réaction courroucée de la Suisse centrale, qui réclame un siège au gouvernement. De sorte que si le PLR peut se préparer à une campagne tranquille, attisée par une douce brise, celle du PDC fera jusqu’au bout face à des vents agités, avec, à la clé, les habituels boursicotages portant sur une possible candidature de secours.