Doutes sur l’avenir politique d’Eveline Widmer-Schlumpf

Conseil fédéral L’échec de l’alliance PDC-PBD donne lieu à des spéculations

La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf aurait-elle déjà décidé de ne pas se représenter au Conseil fédéral en 2015? C’est l’une des spéculations de la presse alémanique, après l’échec de l’alliance entre le Parti démocrate-chrétien (PDC) et le Parti bourgeois-démocratique (PBD).

S’appuyant sur des sources internes au PDC, la NZZ am Sonntag affirme que la conseillère fédérale a elle-même pesé dans l’abandon de ce projet. Dès lors, de deux choses l’une: soit la ministre est très sûre de sa réélection, soit elle sait déjà qu’elle ne se représentera pas en 2015, résume l’hebdomadaire, qui tient la deuxième hypothèse pour la plus vraisemblable.

Soutien socialiste

Quoi qu’il en soit, la rupture des fiançailles érode la base politique de l’élue PBD, à moins d’un an des élections fédérales. Avec le dépit du fiancé rejeté, le PDC fait naître le doute sur le soutien qu’il voudra encore apporter à la politicienne grisonne. Interrogé par Le Temps, le président du PBD, Martin Landolt, veut croire que le PDC ne prendra pas la responsabilité d’une non-réélection d’Eveline Widmer-Schlumpf, «qui serait très difficile à expliquer». Selon lui, l’abandon du projet de groupe parlementaire commun «ne change pas grand-chose» à la situation de l’intéressée, qui attend «comme tout le monde» le résultat des élections.

Christian Levrat assure que le PS continuera d’apporter son soutien à Eveline Widmer-Schlumpf. Le numéro un du PS, qui redoute la constitution d’une majorité PLR-UDC au Conseil fédéral, semble estimer que la Grisonne reste la mieux placée pour pérenniser l’actuel pôle constitué par le PS, le PDC et le PBD.

Urs Altermatt, historien des partis, voit volontiers la conseillère fédérale se retirer d’elle-même, comme l’avait fait son père après sept ans de fonction, plutôt que de laisser son sort dépendre d’une majorité incertaine. L’analyste donne de bonnes chances à l’UDC de reconquérir son second siège au Conseil fédéral, pour autant qu’il présente une candidature valable et qu’il évite la radicalisation.