Justice

Douze ans de prison pour un mari meurtrier à Genève

L’agent de sécurité valaisan, qui avait abattu sa femme avec une arme de service, a été reconnu coupable de meurtre. La fille du couple était âgée de 8 ans au moment des faits

L’agent de sécurité, qui avait tiré trois fois sur son épouse russe à leur domicile de Collonge-Bellerive en avril 2015, est reconnu coupable de meurtre. Le Tribunal criminel de Genève a suivi le réquisitoire du procureur Julien Maillefer qui soulignait le caractère absolument égoïste de cet acte et demandait une peine privative de liberté de 12 ans.

Aux yeux des juges, le quadragénaire a commis une faute très grave en s’en prenant à la mère de son jeune enfant. Tireur aguerri, il a abattu sa cible et n’a laissé aucune chance à sa victime, sans défense et sans possibilité de s’échapper. Le tribunal estime aussi que l’agent de sécurité a manifesté une volonté marquée de tuer et qu’il n’est pas monté chercher son arme simplement pour faire peur à sa femme. Il devait déjà envisager sérieusement le pire à ce moment-là. Par contre, le scénario du dernier tir à bout portant dans la tête, impossible à démontrer selon le médecin légiste, n’est pas retenu.

Impulsion égoïste

La décision souligne le mobile éminemment égoïste du prévenu qui «voulait faire en sorte que sa femme lui appartienne à tout jamais». Il ne pouvait accepter de perdre celle qu’il aimait. Si le verdict reconnaît que l’homme a bien ressenti une émotion violente face à la froide indifférence de son épouse, il ajoute qu’aucune circonstance ne rendait cet état excusable. Placé dans la même situation, tout homme raisonnable aurait laissé partir sa femme.

Le crime passionnel, plaidé par la défense, est donc écarté. A décharge, le tribunal retient toutefois un contexte conjugal hautement conflictuel qui a aggravé le complexe d’infériorité chez cet homme immature et dépendant. Une ébauche de prise de conscience est également relevée, tout comme le fait que l’intéressé se pose toujours en victime.


Lire aussi:

Publicité