fait-divers

Drame de l’A1: la procédure est classée

Le policier vaudois qui avait tiré à 7 reprises sur un véhicule en fuite et dont la première balle a tué un passager dans un tunnel de l’autoroute A1, a respecté les directives en matière d’engagement de l’arme, selon le procureur général du canton de Fribourg. La famille est effondrée

Le policier vaudois qui avait ouvert le feu à 7 reprises sur un véhicule en fuite et dont la première balle a tué le passager dans un tunnel de l’autoroute A1, a respecté les directives en matière d’engagement de l’arme. C’est du moins ce que soutient le procureur général du canton de Fribourg, Fabien Gasser, qui a communiqué ce matin son ordonnance de classement.

En substance, le magistrat estime que les conditions ne sont pas réunies pour condamner l’agent. Ce dernier avait des raisons concrètes de se sentir en danger et de croire son collègue menacé en raison de la vitesse et de la trajectoire de l’Audi RS6 à intercepter et dont tout portait à croire que celle-ci venait d’être dérobée dans un garage de Lyss (Berne) en ce 18 avril 2010.

Le procureur général ajoute que le policier concerné ne pouvait pas non plus supposer l’existence d’un passager, lequel se tenait affaissé sur son siège. Il n’aurait découvert sa présence qu’après avoir intercepté le véhicule une centaine de mètres plus loin. Ses tirs «visaient le bas de la voiture dans le but de la stopper dans sa course», relève Fabien Gasser. Mais le premier tir a touché le bas du pare-brise et entraîné le décès du jeune Français.

Trois autres balles se sont effectivement logées dans le bas du véhicule alors que les trois dernières, «tirées de manière non intentionnelle», une autre façon sans doute de dire dans la panique, ont fini dans le mur du tunnel. Au final, le procureur général estime donc que le policier n’a commis aucune faute pouvant entraîner une condamnation pour homicide par négligence et n’a manifesté aucun manque de scrupules permettant de retenir une mise en danger de la vie d’autrui.

Les parties disposent d’un délai de dix jours pour un très probable recours contre cette décision.

La famille du jeune homme tué est effondrée. «S’il a fallu 44 pages au procureur général Fabien Gasser pour justifier sa décision de classement, c’est qu’elle est difficilement justifiable en droit. Sous couvert d’une argumentation juridique fastidieuse, le procureur général a rendu une décision politique aux conséquences inimaginables si elle devait s’appliquer à d’autres cas».

C’est ainsi que débute le communiqué- lui aussi fastidieux- de l’avocat Jean-Pierre Garbade qui représente les proches du ressortissant français abattu par un policier dans un tunnel autoroutier alors qu’il tentait de fuir à bord d’un véhicule volé. Autant dire qu’un recours sera effectivement déposé contre le classement annoncé plus tôt ce matin par le chef du Parquet fribourgeois.

Un classement qui, ajoute l’avocat de la famille, «porte une grave atteinte à la confiance du citoyen en la justice, dans la mesure où il soustrait l’appréciation de la culpabilité des agents à un procès public. «Pour la famille, c’est comme si l’Etat avait tué leur fils et frère une seconde fois»

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