Les faits remontent à lundi matin, sur les contreforts du Zurichberg, dans un quartier huppé surplombant Zurich. Un homme, endetté, sous le coup d’un avis d’expulsion, se mure chez lui à l’arrivée des autorités. Ce médecin de 65 ans refuse de coopérer, des coups de feu sont entendus puis un incendie se déclare dans la maison. La police boucle un large périmètre. Peu après 9 heures, l’homme met fin à ses jours.

Deux heures plus tôt, il avait encore tenté d’obtenir le report de son expulsion. Pourtant sa villa de 350 mètres carrés, qui contenait également son cabinet médical, avait été vendue aux enchères par les autorités en octobre 2020 pour 5,8 millions de francs, afin d’éponger d’importantes dettes, rapporte le Tages-Anzeiger. Une somme insuffisante pour régler l’entier des dettes du médecin, dont une partie du mobilier, endommagé depuis par l’incendie, devait également être vendue.

Une entreprise avec des liens au Kazakhstan

Le quotidien zurichois révèle ce jeudi l’identité de certains des créanciers du médecin: «Outre des compagnies d’assurance, la ville de Zurich et une entreprise de technologie médicale, Kerfuffle AG, une entreprise basée dans le canton de Schwytz.» Cette dernière lui réclamait ainsi quelque 940 000 francs.

Derrière Kerfuffle AG (dont le nom signifie «agitation», «désordre», «chahut» en anglais), une entreprise qui a changé plusieurs fois de nom au cours des dernières années et qui est active dans la vente et le rachat d’entreprises, probablement une société boîte aux lettres, se cacherait en réalité Aliya Nazarbaïeva, la fille cadette de l’ancien président tout-puissant du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, selon le Tages-Anzeiger.

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Cette dernière siège depuis 2016 au conseil d’administration de l’entreprise basée à Pfäffikon, dans le canton de Schwytz, aux côtés d’un avocat irlandais, Thomas John Gallagher. Ce Zurichois d’adoption, qui a accueilli les journalistes dans son appartement «très bien situé», se montre «aimable, mais réservé». Aux questions sur les activités de l’entreprise ou au sujet d’Aliya Nazarbaïeva, il répond: «Je n’ai rien à dire à ce sujet.» Quant à savoir pourquoi Kerfuffle AG avait prêté près d’un million de francs à un médecin de 65 ans acculé par les dettes, le mystère demeure.