Avant sa dépénalisation, en 2002, le droit à l’avortement a suscité le débat pendant près d’un siècle.

En 1910, un juriste socialiste propose que le régime du délai soit intégré dans les discussions préparatoires à la mise en place du premier Code pénal suisse (CPS). Sans succès. Entré en vigueur en 1942, le CPS tolère l’interruption volontaire de grossesse (IVG) si la vie de la mère est en danger ou si sa santé est gravement menacée.

En 1971, une première initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement est lancée. Le texte demande d’inscrire la dépénalisation dans la Constitution fédérale. Son échec ne refroidit pas les partisans de l’avortement. Constituée en 1973, l’Union suisse pour la décriminalisation de l’avortement (USPDA) dépose une initiative qui demande l’introduction de la solution du délai jusqu’à 14 semaines de grossesse. Elle est rejetée le 25 septembre 1977 par 51,7% des voix. Les cantons catholiques la condamnent avec vigueur. Huit cantons protestants l’acceptent largement (79% à Genève, 76% dans le canton de Vaud).

En 1993, une initiative parlementaire demandant la solution des délais est déposée. Deux ans plus tard, le Conseil national charge la Commission des affaires juridiques d’élaborer un projet, qui sera finalement rejeté. Le 23 mars 2001, les Chambres fédérales approuvent la dépénalisation de l’avortement pendant les 12 premières semaines de grossesse. Une solution acceptée le 2 juin 2002 par 72,2% des votants. Le même jour, l’initiative prohibitionniste «Pour la mère et l’enfant» est balayée par 81,7% des voix.