Le changement de mode de gouvernement de la Ville de Fribourg ne modifiera ni les personnalités, ni les forces politiques qui composent l'Exécutif de la capitale. En passant de neuf personnes, dont six à tiers temps, à cinq élus à plein temps, le Conseil communal conserve, comme aujourd'hui, une majorité de droite. Deux démocrates-chrétiens, Dominique de Buman, syndic sortant, et son collègue Jean Bourgknecht, appuyés par le radical Claude Masset, siégeront avec deux socialistes, les deux sortants Pierre-Alain Clément et Marie-Thérèse Maradan. Aucun nouveau visage ne fera donc son apparition. Ni celui de Jean-François Steiert, ancien secrétaire général du parti socialiste suisse, ni celui de Benoît Rey, candidat chrétien-social. La proportion des femmes reste très faible puisque l'électorat PDC a boudé deux candidates pour remettre en selle les élus sortants.

Dans ces conditions, avec deux représentants socialistes de tendance fondamentalement différente, et aucun visage nouveau à droite, le risque est grand de voir se perpétuer les conflits de personnes qui ont agité le fonctionnement de l'Exécutif durant la dernière législature. Ce n'est pas l'avis de Dominique de Buman, dont le brillant score (3373 voix) le pousse tout naturellement à se succéder à lui-même à la syndicature. «Avec cinq personnes, il y a davantage de possibilités de former une équipe. On va trouver un nouvel esprit», promet-il. Pierre-Alain Clément partage le même avis. «La donne est différente car, avec des emplois à plein temps, tout le monde part sur un pied d'égalité.» Les problèmes non résolus en cinq ans ne manquent pas: de la mise en place de deux théâtres à la constitution d'une agglomération sociopolitique au service des habitants et non des communes, en passant par le redressement des finances.

Gérard Bourgarel, candidat sur une nouvelle liste citoyenne, est dépité: «L'avantage des candidats sortants est terrifiant. Peu importe d'ailleurs qui est sortant. Il n'y a plus de parti conservateur majoritaire, mais l'effet conservateur est toujours là.» La gauche, qui régresse en ville par rapport à la dernière élection à la Constituante, a cependant progressé en cinq ans. Il est donc possible que l'Exécutif, à majorité de droite, soit contré par un Législatif à majorité de gauche.

Dans les autres villes du canton, il faut noter la progression de l'UDC au détriment du PDC dans deux localités romandes. Châtel-Saint-Denis compte désormais trois élus UDC sur neuf, alors que ce parti fait son entrée à Romont par l'élection de Jean-Claude Rossier, l'influent ancien directeur de la société Mifroma. Significative dans la partie francophone du canton, cette poussée de l'UDC est encore plus importante dans la partie alémanique. En Singine, plus précisément à Bösingen et à Planfayon, l'UDC gagne deux sièges. Quant à la ville de Guin, elle bascule à droite, avec la perte d'un siège socialiste au profit d'un candidat radical. A noter enfin, à Bulle, l'échec d'André Ntashamaje, candidat socialiste sortant, d'origine rwandaise. Les forces politiques restent cependant inchangées avec six sièges à droite et trois à gauche puisque le siège de l'ex-parti social-démocrate, rebaptisé «Ouverture», est maintenu.