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La droite unie contre l'initiative AVSplus des syndicats (Keystone)
© PETER SCHNEIDER

Retraites

La droite dénonce les failles de l'initiative syndicale AVSplus

Augmenter la rente AVS de 10%? L'initiative syndicale est combattue par un large front car elle n'avantage pas forcément ceux qui en auraient le plus besoin. Décryptage

Toute la droite se met en ordre de bataille contre l'initiative des syndicats AVSplus qui propose d'augmenter les rentes AVS de 10%. Lundi à Berne, des représentants du PDC, PLR, UDC, PBD, Verts libéraux et du Parti Evangélique étaient assis côte-à-côte pour fustiger une idée qualifiée «d'irresponsable» dans le contexte actuel. Les citoyens se prononceront le 25 septembre.   

Aujourd'hui, une personne seule touche au minimum 1175 francs suisses par mois et au maximum 2350 francs suisses d'AVS. Bien peu pour vivre décemment si le rentier n'a pas cotisé régulièrement au 2e pilier et s'il ne dispose pas d'une prévoyance personnelle. Mais à écouter les opposants, AVSplus a un défaut majeur: elle n'améliore pas forcément le sort de ceux qui en auraient le plus besoin.

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En effet, les rentiers peuvent compléter leur revenu par des prestations complémentaires (PC), des aides au logement ou au paiement des primes d'assurance-maladie. En augmentant l'AVS de 10%, certains dépasseraient du coup le seuil qui donne droit à ces aides. Le conseiller national Lorenz Hess (PBD/BE) rappelle que l'augmentation des retraites n'apporterait aucun avantage pour deux tiers environ des bénéficiaires de PC, soit quelque 140 000 personnes. 15 000 personnes pourraient même être perdantes car les PC ne leur seraient plus accordées, relève-t-il.

Des aides sous pression

Les syndicats s'attendaient à cette attaque. Leur ligne de défense? Une rente AVS bien méritée vaut mieux que des prestations complémentaires accordées à la demande. Une question de fierté pour de nombreuses personnes qui préfèrent se serrer encore plus la ceinture que quérir de l'aide. Surtout que la démarche implique de faire preuve d'une certaine transparence sur sa situation financière et qu'il faut prouver la nécessité d'une aide financière.

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Sur 1,5 million environ de retraités AVS vivant en Suisse, environ 200 000 reçoivent des PC. Pour les initiants, aucun d'entre eux ne sera perdant si la loi d'application de l'initiative prévoit de préserver les droits acquis. Les initiants rappellent également que les PC sont financées par les recettes fiscales et qu'elles se retrouvent sous pression en cas de difficultés budgétaires. La loi sur les prestations complémentaires est d'ailleurs en cours de révision, avec à la clé des mesures pour freiner les dépenses. Ce qui fait sourire les syndicats, car ce sont justement les partis de droite et les milieux patronaux qui demandent davantage de coupes. Après la phase consultative, le conseiller fédéral Alain Berset devrait présenter son message cet automne.

Liste de défauts 

La droite soulève cependant bien d'autres défauts de l'initiative syndicale qui est soutenue par la gauche. A commencer par son impact financier: AVSplus coûterait 5,5 milliards par an d'ici 2030. Où trouver cet argent? Pas question d'augmenter les cotisations comme le suggère l'Union suisse des syndicats, estiment les partis de droite. Toni Brunner (UDC/SG) parle d'un «poison pour la place économique», déjà affaiblie par le franc fort. «Un comportement irresponsable car il met en danger l'avenir de notre AVS», poursuit Yannick Buttet (PDC/VS).

Le calendrier gêne également les opposants. Le Parlement discute en ce moment de Prévoyance Vieillesse 2020, une vaste réforme engagée par Alain Berset, dont l'objectif est d'assurer le financement des rentes et leur maintien au niveau actuel. Ce qui constitue déjà un défi. La commission reprend ses travaux cette semaine. A noter que le PDC, qui combat l'initiative AVSplus, reconnait malgré tout la nécessiter d'élever l'AVS.

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Lors du débat au conseil des Etats, en décembre dernier, son groupe parlementaire a soutenu une hausse des rentes individuelles de 70 francs et des rentes de couple de 226 francs. Une position maintenu par le nouveau président du PDC, Gerhard Pfister. «Oui, certains rentiers vivent des situations pas évidentes, qui frisent la pauvreté, et il faut en tenir compte. Mais dans le cadre d'un paquet qui englobe le financement durable de l'AVS, et pas de manière unilatérale comme le proposent les syndicats», précise Yannick Buttet.  

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