«Je sens assez mal la situation», avoue Yvan Perrin, conseiller national UDC, à propos du maintien de l'arme d'ordonnance à la maison. «Nous pouvons difficilement éluder ce thème tant le drame de Zurich est inacceptable», explique-t-il. Et de se demander «comment il est possible qu'un tel jeune ait pu recevoir une arme».

Le vice-président de l'UDC suisse approuve ainsi l'idée émise par le président de la Société suisse des officiers, Michele Moor. Dans Sonntag, l'officier tessinois a proposé que chaque recrue et chaque soldat fournisse un extrait de casier judiciaire pour être autorisé à manier une arme durant son service (LT du 02.12.2007).

Un certificat d'aptitude

Yvan Perrin va plus loin. Il propose que la police remplisse un formulaire mentionnant son aptitude ou son inaptitude. «Si quelqu'un présente des troubles psychiques ou psychologiques sans avoir commis d'infraction, son casier judiciaire restera vierge. Si la police constate de tels troubles, elle pourrait par contre remplir la case inapte afin d'éviter tout dérapage», explique le policier neuchâtelois. En prévision des acquisitions d'armes, la police remplit déjà ce genre de formulaire, assure-t-il. «Dans un tel cas, un non est péremptoire», ajoute-t-il. Le groupe UDC va sans doute aborder le sujet, mais il ne compte toutefois pas réagir spontanément au parlement.

Le radical Didier Burkhalter parle, lui, de remettre l'ouvrage sur le métier. Pour le nouveau conseiller aux Etats neuchâtelois, «le groupe radical doit chercher une solution en menant une discussion sereine, afin que le principe du maintien de l'arme d'ordonnance à domicile soit maintenu». Il privilégie donc la voie d'une modification législative pour qu'un permis de port de l'arme soit créé comme dans le civil. Cette idée est également soulevée par la conseillère nationale démocrate-chrétienne lucernoise Ida Glanzmann. Elle veut surtout s'engager pour que, dorénavant, les dirigeants militaires disposent de toutes les informations nécessaires sur leurs subordonnés.

Aujourd'hui, la consultation du casier judiciaire n'est effectuée que lorsqu'un militaire aspire à grader. Au recrutement, par contre, le principe de la protection des données empêche toute consultation.

Christophe Darbellay, président du PDC suisse, ne compte pas aborder le sujet dans l'immédiat au sein du groupe. Le conseiller national valaisan estime toutefois que les chasseurs et les tireurs sportifs doivent être préservés. «Je ne veux pas non plus que l'administration soit sollicitée pour gérer la question des armes d'ordonnance», précise-t-il.

Attaquer les tirs obligatoires

Durant la journée d'hier, Josef Zisyadis (PdT/VD) et Josef Lang (Verts/ZG) ont discuté des chances d'aboutissement d'une plainte contre l'armée, idée avancée par les deux parlementaires la semaine dernière.

Par ailleurs, le conseiller national zougois va déposer une question au Conseil fédéral. «Elle portera sur le fait qu'un soldat qui ne souhaite pas porter d'arme doit fournir un extrait de casier judiciaire tandis que cela n'est pas demandé dans le cas inverse», explique le Zougois.

Il aimerait également déposer une interpellation au sujet des sociétés de tirs. Le conseiller national aimerait savoir combien leur rapportent les tirs obligatoires. Pour lui, il faudrait garantir qu'«elles ne puissent pas investir cet argent pour s'opposer à l'initiative contre les armes lancée par la gauche». Un ensemble de questions qui ne manqueront pas de relancer le débat sur le dépôt à l'arsenal des armes d'ordonnance.