Taxer plus les véhicules très polluants? La question commence à agiter les esprits. En juin dernier, le conseiller national vert vaudois Luc Recordon a déposé une motion allant dans ce sens. Sur le plan cantonal, le député vert indépendant Jean-Marc Chollet a déposé à son tour une motion du même ordre au Grand Conseil vaudois. C'est maintenant le Parti socialiste et les Verts genevois qui présentent un projet de loi «pour une taxation accrue sur des véhicules de tourisme très polluants».

Ces propositions ont la même épine dorsale: mettre en place un barème de taxes différenciées par rapport aux émanations de CO2 des véhicules privés. Afin que les professionnels ne soient pas pénalisés. Ces mesures se veulent toutes incitatives. Le but recherché est toujours le même, encourager les gens à utiliser des véhicules moins polluants en appuyant là où ça fait mal: sur le porte-monnaie.

Gagner de l'argent avec une pensée écologique

La question de taxer lourdement les véhicules très polluants n'est plus uniquement l'apanage des milieux écologistes de gauche. La motion de Luc Recordon a aussi été cosignée par des parlementaires de droite, à l'image de l'UDC vaudois Guy Parmelin. Dans le canton de Vaud, la motion du député Jean-Marc Chollet trouve aussi un certain écho à droite.

A Genève, le député libéral Renaud Gautier fait partie des signataires du projet de loi. Selon ce dernier, «les libéraux ont toujours été favorables au principe du pollueur payeur». Et malgré le fait que le projet de loi émane de la gauche, Renaud Gautier se retrouve dans une démarche qu'il considère «on ne peut plus libérale». «Ces dispositions sont préférables à une taxe sur l'essence qui touche tout le monde de façon non différenciée», poursuit-il.

Pour la Vaudoise Isabelle Chevalley, d'Ecologie libérale, «la défense de l'environnement est une idée qui fait son chemin à droite». L'écologie est perçue différemment. «Les gens de droite, toujours selon Isabelle Chevalley, commencent à comprendre que l'écologie n'est pas uniquement une idéologie, mais que l'on peut aussi gagner de l'argent avec.» Là, peut-être, un clivage gauche-droite est-il susceptible de réapparaître. «Il n'y a pas de honte à gagner de l'argent avec l'écologie», affirme la présidente d'Ecologie libérale. Il n'est pas sûr que les partis de gauche se retrouvent dans ses propos.