Genève

La droite genevoise, grand vainqueur des urnes

Le PLR emporte un troisième siège au Conseil national au détriment des Verts. Le PDC et l'UDC progressent également mais sans augmenter le nombre de leurs représentants. Quant à la gauche de la gauche, elle n'a pas réussi à revenir à Berne

En emportant un troisième siège au Conseil national, les libéraux-radicaux genevois apparaissent comme les grands vainqueurs de ces élections. Ses deux conseillers nationaux sortants, Christian Lüscher et Hugues Hiltpold s'offrent même le plaisir de dominer le podium des 178 candidats qui ont brigué la Chambre basse, avec près de 43 000 voix engrangées. Troisième du classement, le député et ancien président de la Chambre genevoise immobilière Benoît Genecand remporte son ticket pour Berne. Par la même occasion, il offre à son parti la revanche qu'il attendait: celui de récupérer son fauteuil qu'il avait perdu en 2011 lors du départ de Martine Brunschwig-Graf. Avec 19,99% des suffrages, le PLR demeure le premier parti du canton à l'échelon fédéral.

Lire aussi notre commentaire: L'Entente face à elle même.

Sur les causes de ce succès, l'ancien président du parti, Alain-Dominique Mauris estime qu'il est dû à la lisibilité de la politique que sa formation mène. "Sur l'immigration, par exemple, nous préférons respecter la tradition d'accueil humanitaires de la Suisse et accueillir des réfugiés plutôt que de fermer nos frontières. Plutôt que céder à la peur, nous avons choisi d'empoigner le dossier rationnellement." Il se pourrait que la gestion du dossier migratoire par le conseiller d'Etat Pierre Maudet ait pu rassuré des électeurs tentés de se rapprocher de l'UDC. Un autre constat est partagé par d'autres élus: le PLR incarne le meilleur parti pour "défendre la prospérité économique du canton". "Alors que les incertitudes liées au 9 février sont toujours bien présentes, je pense que le PLR a été perçu comme un parti sécurisant et à même de défendre les emplois dans le canton", commente le député libéral-radical Cyril Aellen.

Mais le PLR ne pourra pas conserver sa victoire pour lui seul. A sa gauche, le PDC réalise son meilleur score à la Chambre basse depuis 15 ans. Alors qu'en 2011, il avait frôlé le quorum naturel, le PDC obtient plus de 12% des suffrages, soit une augmentation de plus de trois points. Avec 27 000 voix récoltées, le conseiller national sortant et membre de l'exécutif de la Ville de Genève Guillaume Barazzone conserve un siège qu'il avait obtenu sans être élu lorsque Luc Barthassat avait été accédé au Conseil d'Etat genevois. 

A droite du PLR, l'Union démocratique du centre progresse aussi mais plus légèrement (+ 1,61 point de pourcentage par rapport à 2011). Si la section genevoise a sûrement profité de l'actualité migratoire et de la campagne du parti national, elle n'arrive pas encore à décrocher un troisième siège. Deux raisons à cela: la première, l'absence de personnalités fortes et de relève dans le parti qui ne peut compter que ses deux conseillers nationaux, Céline Amaudruz et Yves Nidegger, pour assurer la promotion de l'UDC genevoise. Même en ayant présidé le Grand Conseil, le candidat et député Eric Leyvraz reste loin derrière ses colistiers. Deuxièmement, le parti doit partager quelques unes de ses thématiques fétiches (dont la frontière) avec un autre parti qu'est le Mouvement citoyens genevois. Le gâteau n'étant pas extensible, il n'est pas impossible que l'UDC voit ses précieux votes partir chez ce dernier. 

Au sein de la droite genevoise, une seule formation a perdu des plumes: le MCG qui est passé de 9,78% à 7,87% ce dimanche. "Mais en 2011, nous avions lancé Mauro Poggia qui était très visible sur les questions d'assurances-maladies, réplique le candidat défait Eric Stauffer. Et il était plus proche du centre que nous."

La gauche de l'échiquier compte deux victimes dans ses rangs. Si les socialistes ont conservé leurs trois places, l'extrême gauche genevoise n'a pas réussi à obtenir un visa pour la Coupole. Florilège de candidatures et candidats pour la plupart peu connus, Ensemble à Gauche ne recueille que 6,07% des suffrages. "Entre l'ancienne garde et la nouvelle, nous avons sauté une génération, commente Pablo Cruchon, membre de Solidarités. Il nous faudra des années pour que les jeunes que nous lançons aujourd'hui soient élus et que notre formation progresse."

Quant aux Verts, ils perdent l'un des deux sièges dont ils disposaient. Le départ du conseiller national Ueli Leuenberger, un poids lourd du parti, n'est pas à indifférent cet échec même s'il faut considérer cette défaite comme étant liée au climat politique qui n'est pas favorable aux écologistes. Autre surprise, ce n'est pas la conseillère nationale sortante Anne Mahrer qui a été réélue, mais la jeune présidente du parti Lisa Mazzone. Très médiatisée, moins discrète que sa colistière, elle n'a récolté que 657 voix d'avance.

Publicité