La droite totalise une majorité d’électeurs, mais à la fin, c’est la gauche qui gagne. Dimanche, la Verte Fabienne Fischer s’est offert un fauteuil au Conseil d’Etat, avec 41% des voix, les 59% se répartissant sur le sortant Pierre Maudet, la PDC Delphine Bachmann et l’UDC Yves Nidegger. Fort de ce constat, le président du PLR genevois, Bertrand Reich, appelle depuis dimanche à des assises de la droite, afin de réussir ce qu’elle n’est jamais parvenue à faire: s’unir pour l’emporter dans les urnes.

Sur le papier et arithmétiquement, c’est une évidence. Dans les faits, une gageure. D’abord, le parti bourgeois s’est taillé une solide réputation d’arrogance auprès des plus modestes formations. Et en politique, les ego comptent. Tendre aujourd’hui la main à ses cousins alors qu’il est en position de faiblesse, laminé par l’affaire Maudet et la fracture interne, c’est prendre le risque de se voir répondre avec la même condescendance qu’il affichait lorsqu’il bouffait du lion. D’autant plus que dimanche dernier, le PDC s’est senti pousser des ailes avec le score canon de Delphine Bachmann, arrivée à l’impromptu pour le deuxième tour en coiffant au poteau l’expérimenté Yves Nidegger. Il y a fort à parier que l’étoile montante n’aura pas la mémoire courte: «Chez nous, beaucoup n’ont pas apprécié que le PLR ne me soutienne pas au second tour, alors que nous avions joué collectif en soutenant son candidat, Cyril Aellen, au premier tour. Il est trop tôt pour prendre position sur des alliances.»