C'est la première fois que l'Entente bourgeoise présente une plate-forme législative commune. Vendredi, les trois composantes de la droite genevoise ont communiqué, dans leur programme «l'avenir en trois partis», les principaux objectifs qu'elles s'engagent à atteindre au cours de la législature 2001-2005. Le président du Parti libéral genevois, Renaud Gautier précise que la démarche n'entraîne pas une perte d'identité pour les trois partis. «C'est justement la diversité de l'Entente qui en fait sa force», renchérit Floriane Ermacora, présidente du Parti radical.

Bien que bon nombre de points figurant dans la plate-forme demeurent très généraux, quelques-uns sont plus spécifiquement des propositions chères à la droite. C'est notamment le cas des transports, dossier où la droite mise à nouveau sur une traversée de la rade. Mais aussi de la cour des comptes. L'Entente en fait un thème de campagne. Elle aspire à «créer une Cour des comptes indépendante des pouvoirs publics destinée à contrôler le fonctionnement de l'Etat». Actuellement débattue en commission parlementaire, la question est d'une brûlante actualité. Les graves lacunes du contrôle dans la débâcle des Offices des poursuites et faillites (OPF) en sont un exemple édifiant. Sur la Cour des comptes, Renaud Gautier ne transige pas: «Contrairement à ce que propose le projet de loi socialiste, une telle cour ne doit en aucun cas être rattachée au pouvoir judiciaire, car nous ne voulons pas d'une République des juges.»

La mise en place, par la droite, de cette plate-forme législative, s'inscrit pourtant dans un contexte politique agité. Deuxième composante de l'Entente, le Parti radical est particulièrement chahuté par le scandale des OPF. En août, le Parti radical n'a-t-il pas envoyé à ses membres un courrier (signé par Pierre Kunz, Gérard Ramseyer et Floriane Ermacora) par lequel il réitère son soutien aux deux candidats au Conseil d'Etat et précise que désormais la communication sera de la compétence exclusive de la présidence du parti? Pour les radicaux, l'Entente constitue dès lors un soutien utile.

Pour l'élection au Grand Conseil, deux candidats radicaux viennent de jeter l'éponge: le député Pierre-Pascal Visseur et Neil Ankers, directeur de la Chambre genevoise d'agriculture. Celui-ci serait pressenti pour le poste de directeur de l'Office cantonal de l'emploi, pour succéder à Yves Perrin. Cette nouvelle fonction, incompatible avec un mandat politique, expliquerait son retrait.