A la gauche neuchâteloise réunie, qui veut élargir les prestations de l'Etat plutôt que de baisser les impôts, et rêve de lui rafler le pouvoir au soir du 8 avril (Le Temps du 7 mars), la droite rétorque que la diminution de la fiscalité n'implique pas le démantèlement de l'Etat. «Il faudra faire des choix, que nous sommes prêts à assumer, et cibler les actions de l'Etat, en politique sociale par exemple, affirme Thérèse Humair, présidente des libéraux. Il faut aussi renforcer la collaboration intercantonale, dans la formation notamment. Il est préférable d'avoir des centres de compétences plutôt que d'être médiocre partout.»

Deuxième parti cantonal derrière le PS, le Parti libéral-PPN (38 sièges sur 115 au Grand Conseil) entend servir au mieux les intérêts du monde économique et de l'agriculture. «Nous sommes en permanence à l'écoute de ceux que nous défendons, insiste la présidente. La bonne santé économique offre davantage de bien-être à toute la société, la famille en particulier.» En ajoutant une touche de cohésion cantonale et un clin d'œil aux régions rurales, les libéraux appuient leur campagne sur l'initiative fiscale qui réclame une baisse d'impôt de 25% pour les entreprises et 12% pour les personnes physiques. Thérèse Humair ne croit pas qu'elle engendrera un manque à gagner: «L'embellie économique apporte davantage de ressources. Et des impôts moins élevés inciteront les jeunes cadres à rester chez nous.»

La présidente des libéraux est convaincue de la victoire de ses troupes, associées aux radicaux. Elle croit que la droite aura davantage que ses 62 sièges actuels au Grand Conseil et qu'elle fera passer ses trois candidats au Conseil d'Etat dès le premier tour. «Je n'ai pas consacré la moindre seconde à une éventuelle stratégie pour le second tour, tant je suis convaincue qu'on l'emportera au premier. Et s'il fallait un second tour, je suis persuadée que toute la droite se mobiliserait pour maintenir la majorité au Conseil d'Etat et apporter un appui inconditionnel à Sylvie Perrinjaquet.» La présidente dit ne pas avoir écho d'appréciations dubitatives sur la candidate de Gorgier.

Si leurs trois candidats au Conseil d'Etat marchent d'un même pas décidé sur les affiches électorales, libéraux et radicaux n'ont pourtant pas jugé utile de présenter un programme commun. «Il y a de la place pour deux partis à droite», justifie Thérèse Humair. Les radicaux (24 sièges sur 115) ont privilégié une campagne choc, construite sur le très net rejet de la hausse de la taxe auto par le peuple le 4 mars. L'affiche radicale exhibe un pavé. Les radicaux font dans la contestation. Des taxes et des impôts surtout. Leur campagne se décline derrière trois «F»: fiscalité, famille et formation. Déchirée lors de la désignation des candidats, la droite semble avoir mis de côté ses querelles intestines pour sauver l'essentiel: le maintien d'une majorité bourgeoise au parlement et au gouvernement au soir du 8 avril.