Le nouveau débat sur l'école genevoise réveille les traditionnels antagonismes entre formations politiques. Tandis que la gauche soutient le projet du ministre socialiste de créer des postes de directeurs d'établissement primaire, la droite est plus critique et souligne que là n'est pas la priorité de l'école genevoise.

Membre socialiste de la commission de l'enseignement au Grand Conseil, Véronique Pürro estime que «cette mesure répond à un besoin de renforcer les compétences des établissements. L'autonomie des écoles permet une meilleure marge de manœuvre face aux différents problèmes.»

La position est la même du côté des Verts. Pour Sylvia Leuenberger, «le rôle des inspecteurs est important. Mais c'est une bonne chose s'ils deviennent des directeurs d'établissements avec des tâches de coordination administrative et de gestion pédagogique. Cela permet une vision plus rationnelle de l'école, car le nouveau directeur connaîtra mieux les élèves.»

La droite est plus critique vis-à-vis de cette nouveauté scolaire. Le député PDC François Gillet soutient certes cette mesure qui «va dans le sens d'une harmonisation scolaire romande. Mais ce n'est pas cette simple mesure qui va améliorer l'école!» Eric Bertinat, député UDC, soutient la même idée, estimant qu'il s'agit d'une «réformette» dont il est difficile de juger l'importance réelle.

Présidente libérale de la commission de l'enseignement, Janine Hagmann considère cette modification comme «cosmétique». «En tant que libérale, j'aurais bien voulu que cela apporte des économies», souligne-t-elle. «Mais je soutiens l'idée d'une plus grande autonomie des écoles primaires.»

Le radical Jacques Follonier calcule que la nomination d'une centaine de directeurs d'établissement entraînera des dépenses annuelles de quinze millions. Une somme qu'il voudrait plutôt voir attribuer à l'enseignement directement, et non pas à l'encadrement administratif. «Et prendre des enseignants pour en faire des directeurs, cela consiste à devoir trouver d'autres enseignants pour les remplacer devant les classes!»

Quant au Mouvement Citoyens genevois (MCG), il s'opposera à cette mesure. «Il faudrait d'abord augmenter le nombre d'enseignants, plutôt que de nommer des directeurs», conclut Roger Golay, chef du groupe parlementaire MCG.