Le PDC est-il enfin en ordre de bataille pour conserver le siège laissé vacant par Isabelle Chassot au Conseil d’Etat fribourgeois? Tout porte à le croire.

Premier acte: vendredi soir dans la salle communale bondée de Neyruz, les délégués du PDC ont accepté une alliance électorale avec le PLR et l’UDC pour augmenter les chances du directeur de l’Union patronale Jean-Pierre Siggen de l’emporter face au candidat socialiste Jean-François Steiert, conseiller national.

Second acte: le comité directeur de l’UDC s’est réuni samedi. Il accepte à son tour l’alliance et renonce à lancer son propre candidat. Deux UDC étaient sur les rangs: le député Ruedi Schläfli et l’ancien président cantonal Jean-Luc Rimaz. L’un et l’autre avaient peu de chances d’être élus. Par contre, ils auraient pris des voix à Jean-Pierre Siggen avec à la clé un probable second tour.

Reste maintenant le PLR, qui signera le troisième acte. Il n’a jamais eu l’intention de lancer un candidat car il se reconnaît dans le profil de Jean-Pierre Siggen, de l’aile économique du PDC. Mais il voulait saisir l’occasion pour conclure une entente de la droite sur le long terme. Il a partiellement échoué. Vendredi, le PDC fribourgeois a certes accepté la convention après des semaines d’atermoiements entre ses différentes chapelles. Mais il a raboté un texte pourtant âprement négocié par des représentants des trois partis. Il veut bien d’une entente à l’échelon cantonal, mais il a biffé l’idée d’un apparentement pour les prochaines élections fédérales de 2015. «A Berne, PDC et UDC ont une approche trop différente des dossiers», justifie le sénateur Urs Schwaller.

Décision à venir

Le PLR, lui, tenait à inclure les élections fédérales dans la convention pour une question de cohérence et pour consolider le siège à Berne du directeur de l’Union suisse des paysans Jacques Bourgeois. Le comité directeur du PLR prendra une décision ces prochains jours. Puis une assemblée des délégués sera convoquée, probablement le 21 août, pour accepter ou refuser la convention amputée. La balle est dans son camp et un échec à ce stade ne serait pas sans conséquences puisque l’UDC a aussi décidé samedi que si le PLR refusait l’alliance, elle ne donnerait pas de consigne de vote en faveur de Jean-Pierre Siggen. Et dans cette saga fribourgeoise, tout peut arriver.

«Evidemment qu’on regrette le choix du PDC de mettre de côté les élections fédérales, déclare Didier Castella, président du PLR fribourgeois. Telle qu’elle se présente aujour­d’hui, la convention a perdu un peu de sa crédibilité et les tergiversations du PDC ont terni le lancement de la candidature de Jean-Pierre Siggen.» Le président du PLR s’engage néanmoins à faire accepter cette nouvelle version de la convention par son parti. Car l’enjeu est de taille. Si la droite échoue lors de cette élection complémentaire prévue le 22 septembre, le gouvernement fribourgeois basculerait à gauche.

C’est également cet enjeu qui a eu raison des réticences du PDC, divisé entre les partisans d’une approche électoraliste pragmatique et les défenseurs des valeurs démocrates-chrétiennes. Les seconds se sont peu exprimés vendredi, au grand soulagement d’Eric Menoud, président du PDC. Car il l’a aussi rappelé: «Le Parti socialiste a désigné son candidat et quelques jours plus tard il était ovationné.»