élection cantonale

La droite triomphe à Fribourg

Le peuple fribourgeois a largement soutenu le PLR Didier Castella, qui remplacera la Verte Marie Garnier. Une claque pour la gauche, qui perd son troisième siège

Le suspense aura été de courte durée ce dimanche. A 12h40, la candidate socialiste Valérie Piller Carrard pousse déjà les portes de l’Hôtel cantonal, la mine défaite et l’air grave. La tendance très nette qui se dessine en faveur du Gruérien Didier Castella dans les différentes régions du canton de Fribourg ne laisse aucun doute. L’élection complémentaire au Conseil d’Etat va sacrer le PLR grand vainqueur et successeur de la Verte démissionnaire Marie Garnier. A 13h28, les résultats des dernières communes tombent: Didier Castella remporte l’élection avec 7002 voix d’avance, comptabilisant ainsi 32 448 voix, pour un faible taux de participation de 29,96%.

Symbole de cette victoire bourgeoise, le score du candidat PLR à Villars-sur-Glâne, fief de gauche, où il devance Valérie Piller Carrard d’une centaine de voix. Même dans la Broye, son district d’origine, la socialiste ne s’octroie que deux cents petites voix de plus, tandis que Didier Castella fait le plein en Gruyère avec 7000 suffrages contre 3600 à sa concurrente.

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«Rassembleur»

Ovationné à son arrivée, Didier Castella s’empare ainsi d’un deuxième siège pour son parti, d’un cinquième pour la droite. «J’ai pu compter sur le soutien de tous nos partenaires, lance-t-il, rayonnant. Entre les deux tours, j’ai prouvé que je voulais défendre les intérêts du canton.» Le PLR partait pourtant avec plusieurs handicaps: homme, de droite et Gruérien (Maurice Ropraz et Anne-Claude Demierre viennent aussi de ce district). «J’ai démontré que je pouvais convaincre au-delà de la région, du genre et de la couleur politique», ajoute-t-il.

Plus encore que la victoire, c’est l’ampleur de l’écart avec sa concurrente qui surprend. Sébastien Dorthe, président du PLR, l’explique par plusieurs facteurs: «l’esprit rassembleur de Didier, la bonne mobilisation des partis bourgeois et enfin la démobilisation de la gauche plurielle». Du côté du président du PDC, André Schoenenweid, on livre la même analyse: «Au contraire de la gauche, la droite a su se réunir pour le second tour autour d’une personnalité capable de s’intégrer dans ce Conseil d’Etat.»

Animosité à gauche

Pour la socialiste Valérie Piller Carrard, c’est la baffe. Le parti n’a pas réussi à conserver son troisième siège, ni à maintenir une deuxième femme au Conseil d’Etat. La faute aux vives tensions dans le camp de gauche. Pour rappel, il était parti désuni dès le premier tour en présentant Sylvie Bonvin-Sansonnens pour les Verts et Valérie Piller Carrard pour le PS. Le 4 mars dernier, la socialiste devançait la Verte de quelque 1500 voix.

Une stratégie «arrogante» que Bruno Marmier, président des Verts fribourgeois, n’a toujours pas digérée: «C’était la chronique d’une mort annoncée. Nous proposions un scénario gagnant dont les socialistes n’ont pas voulu. Sylvie Bonvin-Sansonnens avait les ressources pour rallier bien au-delà de la gauche.»

Basculement à droite

Malgré la défaite cuisante, Valérie Piller Carrard ne renie pas la tactique arrêtée par son parti. «Elle a fonctionné au premier tour. Au second, j’ai réussi à fédérer les électeurs de gauche, mais malheureusement pas ceux du centre.» Aujourd’hui, la socialiste se déclare «surtout déçue pour l’électorat progressiste, face à ce basculement à droite du gouvernement, avec un homme en plus». La gauche espérait un effet femme en faveur de sa candidate. Celui-ci n’a pas eu lieu.

Sous le feu des critiques, le PS estime les torts partagés. «Sans nous avoir consultés, les Verts avaient déjà désigné leur candidate avant même la démission de Marie Garnier. Nous avons donc joué à fond la primaire et n’avons pas changé de logique en cours de route», livre Raoul Girard, vice-président cantonal. Il regrette la tournure qu’a prise le deuxième tour, où le parti s’est retrouvé accusé de vouloir accaparer tous les postes. Si la droite sort grande gagnante aujourd’hui, à gauche, les règlements de comptes risquent visiblement de se prolonger encore ces prochaines semaines.

 

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Premier de Gruyères

Premier citoyen de la commune de Gruyères à être élu à l’exécutif du canton, Didier Castella, physicien de 48 ans, reprendra vraisemblablement la Direction des institutions, de l’agriculture et des forêts (DIAF), laissée par Marie Garnier. Si sa première tâche sera de se plonger dans les différents dossiers, le nouveau conseiller d’Etat tentera d’y appliquer sa méthode scientifique. «Observer, tirer des conclusions et apporter des solutions», explique-t-il avant de s’en aller à Bulle fêter son élection au stamm du PLR gruérien.

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