Cantonales 2017

La droite vaudoise à la recherche du quatrième nom

La droite espère un basculement du gouvernement vaudois aux élections cantonales de 2017. Mais l’UDC, troisième parti du canton, pourrait se faire brûler la politesse par le centre, faute de candidats adéquats

Le PLR attend cela depuis cinq ans: reconquérir une majorité de droite au Conseil d’Etat vaudois. «Cette fois, c’est la bonne. Nous sommes prêts», lance le président du parti cantonal, Frédéric Borloz, encouragé par les résultats des élections fédérales de l’automne dernier. Les trois conseillers d’Etat PLR, Pascal Broulis, Jacqueline de Quattro et Philippe Leuba se représentent aux élections cantonales de 2017 et ont de fortes chances de faire un tiercé gagnant au premier tour, selon lui.

Alors que le Grand Conseil a toujours penché à droite; pour gagner un, voire deux sièges à l’exécutif, les scénarios s’échafaudent. Pas question de présenter un quatrième PLR, ce qui ne serait pas représentatif de l’équilibre des forces du parlement cantonal. «Une coalition serait un bon moyen d’arriver à nos fins, reste à savoir avec qui», reprend Frédéric Borloz. «Une alliance large, comprenant l’UDC et le centre droit, nous permettrait de présenter cinq candidats». Les noms de la Vert’libérale Isabelle Chevalley et de l’UDC Jacques Nicolet sont évoqués. Au début de l’été, la conseillère nationale Isabelle Chevalley faisait en effet part de son intérêt pour le poste, à la seule condition de figurer sur une liste réunissant les partis bourgeois. «C’est une femme, elle est médiatique et pourrait être un bon compromis pour représenter l’écologie dans la nouvelle majorité de droite». Mais si la personnalité séduit, pas sûre que les voix suivent. Le parti Vert’libéral a obtenu moins de 4% de votes vaudois aux dernières élections fédérales et l’autre parti centriste, le PDC, en a réuni 3%.

Une Vert’libérale en quatrième représentante de la droite à l’exécutif vaudois? L’idée suit son cours au sein du PLR. Mais le centre et l’UDC ayant toujours refusé de s’apparenter, il appartient désormais à la force dominante qu’est le PLR de rassembler ou de trancher. Quant à l’UDC, la candidature d’Isabelle Chevalley poussera peut-être le parti à proposer lui aussi un candidat qui ratisserait les voix du centre.

Frédéric Borloz n’a aucune gêne à imaginer une alliance avec l’UDC. «Nos votes se recoupent plus de huit fois sur dix sur les sujets fédéraux. Sur les objets cantonaux, ce n’est pas très différent: regardez les textes contre la mendicité organisée du PLR Mathieu Blanc et de l’ex-UDC Claude-Alain Voiblet, ils concordent à 98%». Reste à trouver des candidats capables de tenir les rênes du canton. Les noms qui circulent sont les mêmes qui se trouvaient sur la liste du Conseil national en octobre 2015. Jacques Nicolet, élu président du parti cantonal en janvier 2016 et Michaël Buffat, tous deux nouveaux sous la coupole, sont intéressés par une candidature à l’exécutif cantonal. Le député Jean-François Thuillard qui «tient le crachoir au Grand Conseil», le préfet du Gros de Vaud Pascal Dessauges ou le syndic d’Oron-la-Ville Philippe Modoux seraient des candidats potentiels, selon leur parti.

Et si aucune de ces personnalités n’avait de qualités suffisantes pour séduire à l’extérieur du parti? On dit du président qu’il est dans l’ombre de son secrétaire Kevin Grangier, et qu’il est plutôt inexistant à Berne. Quant à Michaël Buffat, sa ligne est dure et diffère en tout du feu conseiller d’Etat UDC Jean-Claude Mermoud. Tout le défi est de convaincre la droite entière de faire passer un bloc compact au premier tour. «Il nous faut un ou des candidats qui fassent le plein chez nous et qui aillent chercher des voix ailleurs, car l’élection va se gagner au centre», analyse Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC Vaud. Ici aussi, une alliance avec le PLR semble cohérente. «Au niveau cantonal, il y a une grande majorité de sujets concordants entre l’UDC et le PLR, même si nous avons une vision plus souverainiste que le PLR par rapport au rôle de la Suisse dans le monde», affirme Kevin Grangier.

Une alliance «large» représente ce que les socialistes redoutent le plus. Le seul élément rassurant est «le manque de crédibilité des candidatures UDC». On se tranquillise en se disant que le retour de l’UDC au château ne sera sûrement pas pour cette fois encore, à défaut de croire en un maintien assuré de la majorité. Les conseillers d’Etat socialistes sortants Pierre-Yves Maillard et Nuria Gorrite seront très certainement élus au premier tour, pense-t-on au sein du parti. Quant à Anne-Catherine Lyon, elle n’a toujours pas sollicité de dérogation pour briguer un quatrième mandat à l’exécutif cantonal. Celle qui en 2012 avait été la moins bien élue du Conseil d’Etat pourrait faire face à un refus du congrès socialiste, au profit d’une représentante de la relève féminine. Des noms comme celui de la nouvelle syndique d’Avenches Roxanne Meyer, de la conseillère nationale Cesla Amarelle ou de la municipale lausannoise Florence Germond commencent à affleurer.

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