Vaud

La droite vaudoise réclame une baisse d’impôts pour la classe moyenne

Une initiative lancée par la droite vaudoise vise à alléger les impôts de la classe moyenne, par le biais des déductions. Pascal Broulis approuve

La droite vaudoise aura attendu la fin des relâches pour se lancer dans la campagne des élections cantonales, dont le premier tour aura lieu le 30 avril. Lundi matin, les jeunes PLR entourés de délégués PLR, Vert’libéraux et UDC lançaient leur initiative «Une baisse d’impôts pour la classe moyenne». A deux mois des élections, le bloc de droite uni parle d’une même voix. Dès lors, pourquoi ne pas faire voter le texte par la majorité de droite au parlement? Est-ce pour simplement mener campagne avec plus de visibilité? «Nous souhaitons intégrer le peuple à la discussion», répondent les initiants.

Un pouvoir d’achat qui s’effrite

Afin de soulager les finances de la classe moyenne «dont le pouvoir d’achat s’effrite», leur projet de modification de la loi sur les impôts directs cantonaux vise à augmenter la marge de déduction fiscale des contribuables. En maximisant les montants déductibles des primes d’assurance maladie, les initiants veulent permettre à une personne seule de faire passer ses déductions de 2000 à 3200 francs, et à un couple marié de 4000 à 6400 francs. Ceci devrait permettre à la classe moyenne de déduire de ses impôts «plusieurs centaines de francs». Dans l’autre camp, les jeunes socialistes vaudois dénoncent «un écran de fumée», «un artifice électoraliste sans combat sur le long terme, complétée de cadeaux aux plus aisés».

«Aujourd’hui, le canton de Vaud est l’un de ceux où les primes d’assurance maladie et les impôts sont les plus élevés», introduit le jeune Loïc Hautier, président du comité de l’initiative lancée pour répondre au «ras-le-bol et à la colère de la classe moyenne». Afin de contrer «la politique de l’arrosoir», seules les primes effectivement payées par le contribuable pourront être déduites, prévoit l’initiative. «Actuellement, il est possible de déduire des primes que l’on ne paie pas, par mesure d’équité ce ne sera plus le cas. Par contre, les membres de la classe moyenne inférieure qui perçoivent des subsides en faible quantité, notamment pour leurs enfants, seront protégés».

Les déductions qui rappellent la RIE III

Et qu’en dit le grand argentier vaudois? «Je ne me prononcerais sur l’initiative que si, et lorsqu’elle sera, déposée», répond le conseiller d’Etat PLR Pascal Broulis. «Mais sur le fond, je trouve que c’est une meilleure idée de mettre à niveau les déductions que de massivement baisser les impôts. Cela permet de cibler la classe moyenne.»

Vers la fin de la campagne: Contre la RIE III, la gauche met la classe moyenne de son côté

Rappelons que la réforme cantonale de l’imposition des entreprises acceptée en 2016 par les Vaudois (aujourd’hui ébranlée par le refus de la réforme fédérale) prévoyait la même idée, mais n’allait pas aussi loin. L’initiative «Une baisse d’impôts pour la classe moyenne» propose des déductions plus importantes.

Selon des projections «crédibles», les initiants prévoient que les pertes fiscales ne s’élèveraient qu’à cinquante millions en tout pour le canton et les communes.

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