Trois jours après les faits, l'histoire ne se tasse pas. La sortie de salle de Simonetta Sommaruga lors du discours virulent de l'UDC Roger Köppel au Conseil national fait encore couler beaucoup d'encre. La première citoyenne de Suisse, Christa Markwalder, présidente de la chambre basse, a relancé le feuilleton jeudi avec une remarque à la fois insolite et peut-être déplacée. 

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Selon la Bernoise, si la Simonetta Sommaruga a quitté la salle, ce n'est pas parce qu'elle était excédée et voulait faire un coup de théâtre. La conseillère fédérale avait d'autres préoccupations, bien plus terre à terre: «Elle a été assise pendant des heures dans la salle du Conseil national. Elle devait aller aux WC», a annoncé Christa Markwalder à TeleZüri

L'explication a de quoi embarrasser la conseillère fédérale – qui apparaît otage de son métabolisme, mais surtout le groupe socialiste au parlement. Les conseillers nationaux du PS ont en effet suivi Simonetta Sommaruga pour lui témoigner leur soutien. Et en ignorant tout d'un éventuel besoin pressant.

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Le Blick a mené l'enquête sur cet épisode. Selon des sources du Département de justice et police, la conseillère fédérale a bel et bien fait une halte aux WC lors de sa sortie. Mais la raison de son départ était celle évoquée depuis le début de l'histoire: les propos de Roger Köppel. 

Quand WC et politique ne font pas bon ménage

Christa Markwalder, pleine de bonne volonté et de sympathie, a tenté de soutenir la conseillère fédérale, mais elle l'a fait de manière un peu maladroite. Valait-il la peine de prolonger le débat pour parler de besoins aussi triviaux?

La première citoyenne n'a pas voulu en dire davantage aux médias depuis hier. Elle a par contre publié un Tweet hier soir. Elle demande de la décence et du respect au parlement, comme sur les réseaux sociaux. Fait-elle référence à l'aventure de Simonetta Sommaruga, ou aux propos qu'elle a tenus? La question reste ouverte. 

Les pauses toilettes des politiciens peuvent faire beaucoup de bruit. Hillary Clinton en a fait la fâcheuse expérience lors d'un débat contre Donald Trump en décembre dernier. Prise d'une envie pressante, elle a quitté la salle pendant quelques minutes. Il n'en fallait pas plus à son rival pour profiter de l'occasion et de se moquer d'elle: «Je pensais qu'elle abandonnait. Où est allée Hillary? Je le sais. C'est dégoûtant, je n'ai pas envie d'en parler. C'est trop dégoûtant.» 

La politique, c'est l'art du calcul et de la retenue. Même si l'envie est pressante, il vaut parfois mieux souffrir en silence et choisir le bon moment pour aller au petit coin.