Élections fédérales

Duel au sommet au PS vaudois

Après Ada Marra, c’est au tour ce jeudi de son collègue Roger Nordmann de se porter candidat à la candidature au Conseil des Etats. Choix compliqué pour le Parti socialiste, qui va devoir trancher entre deux de ses poids lourds

Il y a quelques mois, la situation semblait encore limpide. Le Parti socialiste vaudois allait présenter Géraldine Savary à sa propre réélection au Conseil des Etats. Mais la décision en novembre 2018 de la sénatrice, engluée dans les polémiques faisant suite à ses liens avec le milliardaire Frederik Paulsen, de renoncer aux élections fédérales a rebattu les cartes. Et aiguisé les appétits. Ce jeudi, le conseiller national Roger Nordmann a annoncé sa candidature à la candidature. Il y a deux jours, c’était Ada Marra qui avait fait de même. Le parti devra en désigner un des deux lors de son congrès cantonal le 27 avril prochain.

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Entre les deux poids lourds de la politique fédérale – elle est vice-présidente du Parti socialiste suisse, il préside le groupe socialiste au Conseil national – le duel est des plus incertains. S’ils ont certains points communs, comme d’avoir exactement le même âge (46 ans) et d’être tous deux Lausannois, leurs profils diffèrent. Ada Marra est clairement ancrée à la gauche du parti, se faisant remarquer notamment par ses engagements pour l’intégration des étrangers ou en faveur des plus démunis. Plus pragmatique, Roger Nordmann s’est illustré sur des thématiques comme l’énergie et les transports.

La question femme

Electoralement, si Ada Marra a devancé son collègue aux dernières élections fédérales de 2015, Roger Nordmann pourrait attirer sur sa personne davantage de voix du centre et de la droite, un avantage dans la configuration de l’élection au Conseil des Etats dont le scrutin est majoritaire. Mais la question centrale que devra trancher le parti est celle de l’égalité. Pour le PS, il a toujours été important de remplacer une femme par une femme. Un argument prépondérant en cette année de grève des femmes, et qui a déjà fait renoncer Pierre-Yves Maillard. Ne souhaitant pas faire obstacle à une candidature féminine, le futur patron de l’Union syndicale suisse se présentera donc au Conseil national.

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Depuis quelques mois surtout, la gauche mène une politique volontariste face au risque de voir la Chambre haute se masculiniser encore davantage. Cet automne, seule une des sept conseillères aux Etats actuelles se représentera. Ainsi, Ada Marra a d’ores et déjà reçu le soutien public de la Zurichoise Natascha Wey, coprésidente des Femmes socialistes. Mais des voix commencent à se faire entendre pour atténuer la question genre. Le candidat socialiste retenu fera en effet liste commune avec la Verte Adèle Thorens, déjà désignée par les siens. Enfin, avec la récente élection de Rebecca Ruiz au Conseil d’Etat vaudois, le PS est dorénavant représenté par trois femmes au gouvernement cantonal.

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